Crèche et patrimoine

OPINION / À l'approche de Noël, il est difficile de rester silencieux devant le... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

Agrandir

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Carrefour du lecteur
Le Quotidien

OPINION / À l'approche de Noël, il est difficile de rester silencieux devant le débat entourant la crèche au pied des sapins. Chez nous, la crèche a toujours eu sa place, mais est-elle encore «politiquement correcte» ? Je crois que oui, mais ça dépend du point de vue. En tant que catholique francophone, la crèche s'inscrit dans le patrimoine que je veux transmettre aux enfants de la famille. Pour d'autres, la crèche prend une signification religieuse contraignante.

Il faut donc se questionner sur le sens à donner à la crèche. Je rappelle que dans de nombreux foyers, au temps de mes grands-parents, il n'y avait pas nécessairement d'arbre, mais juste une crèche qui représentait l'unité de la famille. L'enfant nouveau-né est rassembleur, même aujourd'hui.

Ainsi, au-delà du symbolisme religieux, la crèche est symbole de paix et d'unité, puisque dans la simplicité des lieux, Joseph et Marie restent ensemble et partagent leur bonheur avec les bergers, mais aussi les rois mages qui se sont ajoutés au fil des siècles.

La crèche est donc un symbole catholique, mais surtout d'unité de la famille. Cette unité devrait être respectée par toutes les religions. Au Québec, on renie cette tradition d'unité en rejetant la crèche.

Le questionnement qui entoure les pratiques religieuses catholiques m'amène à constater que le catholicisme a toujours tort. En effet, en histoire, on ne retient que les croisades, mais on parle rarement des massacres des chrétiens à Rome pendant les jeux au Colisée de Rome. Au Québec, on parle des abus des années '50, mais on parle peu ou pas des missionnaires du début de la Nouvelle-France qui ont été massacrés par les peuples autochtones. L'Histoire ne retient que ce qui plaît à l'humanité: les catholiques et le Vatican sont les gros pas fins. Mais aujourd'hui, l'État islamique mène une croisade au nom de leur religion. Tout comme les croisades chrétiennes, celles musulmanes ne sont pas acceptées de tous les adeptes de ces religions. On fait ainsi une lecture de l'histoire des religions erronées qui retient ce qu'elle veut bien.

Donc, quand on rejette la crèche au Québec, on renie notre patrimoine sous prétexte de respecter le multiculturalisme. Du fait, le Québec, en voulant éviter le racisme, devient encore plus raciste. Par conséquent, le Québécois catholique est raciste envers lui-même...

Annie Bonneau

Roberval

Un temps de réjouissance?

Dans quelques minutes, après avoir terminé ce texte, Loge m'entraide fermera ses portes pour le temps des Fêtes. Je tournerai la clef dans la serrure, le coeur gros pour tous les locataires appauvris qui espéraient recevoir un cadeau avant Noël pour leurs projets de coopératives d'habitations la Persévérance et la Solidarité.

Pour la Persévérance, ils demandaient 32 000$ au premier ministre du Québec, au ministre des Affaires municipales et au ministre de la Solidarité sociale pour pouvoir débuter le chantier de 24 logements sociaux en avril 2016. Ne savent-ils pas que chaque semaine perdue à attendre retarde du même nombre de semaines le chantier? Avec les vacances des Fêtes, oublions le mois d'avril.

Pour la Solidarité, ils demandaient au maire de Saguenay, 755 000$ sur 10 ans et un rabais de taxes de 25 ans pour créer, d'ici 2020, 12 logements sociaux dans le secteur Kénogami. Ne sait-il pas que nous avons besoin de l'aide de la Ville dès maintenant? Sans la Ville, le projet est bloqué.

Ces quatre politiciens, à qui nous demandions un peu de compassion pour Noël, préfèrent garder le silence, un silence douloureux et très mal accueilli par les locataires. Encore hier, un qui lutte depuis 3 ans pour être logé dignement dans l'un des deux projets, est reparti triste du bureau: «Pourquoi les politiciens n'ont pas plus de considération que ça envers nous, les pauvres?», me disait-il. Quand la volonté politique n'y est pas, rien à faire, lui ai-je répondu, ajoutant du même souffle que nous devons garder malgré tout espoir en des jours meilleurs.

Ce ne sont pas les efforts qui ont manqué ces derniers mois, ces dernières semaines et jusqu'à cette dernière minute. Mais force est de constater que les efforts soufflent présentement à sens unique. Il y a des limites à lutter contre le vent. Après des luttes aussi éreintantes pour le corps, l'esprit et le coeur, nous avons besoin de repos. Mais nous reviendrons encore plus forts en janvier 2016 et nous poursuivrons notre combat collectif au nom des ménages dans le besoin.

Chers politiciens, des locataires dans la misère passeront les Fêtes dans la peine et seront déçus de votre silence. Faute d'avoir reçu une réponse avant Noël, ils ne savent pas s'ils pourront enfin vivre dans l'une ou l'autre des coopératives. Cela crève le coeur. Le temps des Fêtes est un temps de réjouissance? Cela dépend pour qui.

Sonia Côté

Coordonnatrice de Loge m'entraide

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer