Zoo de Falardeau: quels intérêts?

Un tigre du Zoo de Falardeau.... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Un tigre du Zoo de Falardeau.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Le Quotidien

Je m'appelle Marie-Andrée, j'ai 32 ans et je suis éducatrice spécialisée. Si j'ai à coeur le développement de nos futurs concitoyens, je suis également sensible au respect du bien-être des animaux qui partagent notre monde. Malgré mon absence de connaissances spécialisées en lien avec les animaux, je ne peux m'empêcher de m'inquiéter des pratiques animalières du Zoo de Falardeau.

Depuis son ouverture, je me suis rendue à trois reprises au Zoo de Falardeau. Dès mes première et deuxième visites, j'eus des réserves quant à certains traitements dont j'eus connaissance: la visite du propriétaire dans la cage des loups, l'incitation à asseoir des enfants sur un orignal, la grandeur de certaines cages, etc. Ceci dit, j'appréciai, en somme, la mission première du centre: sauver et réhabiliter les animaux.

Cependant, cet été, lors de ma troisième visite, je constatai qu'un dégoût et une colère naissaient en moi. Dès mon arrivée à l'accueil, je réalisai l'ampleur des «attraits touristiques» faisant la réputation de ce zoo. Un renardeau aveugle et un tigreau étaient déjà en place afin, je crois, d'accueillir, d'éduquer et de divertir les clients. Un torrent pluvial faisant rage à l'extérieur, je demeurai assise à observer le spectacle de la masse de visiteurs agglomérés à l'intérieur. Dans un brouhaha général assourdissant et dans un espace restreint, enfants et adultes circulaient de manière désordonnée autour des animaux. Le bébé tigre et le bébé renard étaient surchargés d'attention. Les caresses fusaient de partout. Les stimulations visuelles et auditives étaient étourdissantes. Le dégoût montant en moi, je me suis questionnée sur la pertinence de faire vivre une telle expérience à des animaux qui, selon moi, n'ont aucunement l'appel génétique à la domestication. J'imaginai que, jour après jour, des milliers de mains voulaient ainsi les flatter, des têtes les coller, des bras les prendre.

De plus, lors d'un échange avec une jeune employée, j'appris quelque chose qui me laissa ébranlée, bouleversée. Lorsque je lui demandai comment la mère du bébé tigre réagissait lorsque, le soir, elle revoyait son bébé et comment elle parvenait à conserver l'allaitement, tandis que j'avais vu des employés le nourrir au biberon, elle me répondit gentiment: «Eux, au zoo, n'aiment pas les animaux trop sauvages ou méfiants». Elle m'expliqua que, selon ses supérieurs, l'élevage en cage produisait des comportements agressifs et que, conséquemment, ils préféraient retirer les bébés fauves aux mères, dès la naissance, pour s'assurer qu'ils deviennent des animaux sociaux et agréables pour l'humain. Je demeurai estomaquée et amère de cette découverte. Non seulement les pratiques du zoo ne considéraient pas, selon mon jugement, la qualité de vie de certains animaux, mais elles introduisaient, de surcroît, une vision faussée du bien-être animal.

Donc, à mon grand regret, suis-je en droit de me questionner sur la prévalence de retombées pécuniaires qu'entraîne la présence utilitaire de ces pauvres bébés sur leur bien-être. Certes, je suis en accord avec le secours apporté à une bête blessée qui, force est de le constater, serait morte sans l'intervention du zoo. Par ailleurs, il est incontestable que cette PME offre des emplois de qualité, ce que me confirmèrent plusieurs employés avec qui j'échangeai. Le zoo offre très certainement un univers de travail et de vie très nourrissant au coeur d'un village longtemps oublié de plusieurs. Il procure probablement également un sentiment de fierté et d'appartenance ainsi que des occasions d'apprentissages et d'expériences professionnelles à une jeunesse qui n'a pas accès aux avantages des grands centres.

Mais à quel prix pouvons-nous nous accorder le mérite de sauver un animal, pour ensuite le contraindre à une vie de servitude?

Aussi, lorsqu'un employé nous présenta l'un des tigres comme étant un animal «sauvé du méchant univers de la publicité», je me demandai si sa présence au zoo mettait un terme à cette pratique ou, au contraire, si elle ne contribuerait pas plutôt à alimenter ce cercle vicieux.

Peu importe les intérêts auxquels l'animal est asservi, depuis ce matin pluvieux d'août, je suis en colère. Je suis en colère de constater qu'aucune loi n'encadre le traitement de ces animaux au Québec; totalement en colère de constater que, par le passé, des plaintes ont été soumises en lien avec ces mêmes préoccupations, mais qu'aux suites de l'enquête, les pratiques douteuses du zoo ont pu reprendre.

Alors que des zoos comme celui de Saint-Félicien s'efforcent de respecter l'environnement de l'animal, prêchent la protection de la biodiversité et le traitement éthique des espèces, celui de Falardeau demeure intouchable dans son approche. Nous pouvons aisément penser que le seul élément qui pourrait justifier que l'on prenne des mesures restrictives envers le zoo serait qu'un humain, probablement un enfant, soit mordu ou blessé. Ceci dit, les mesures devant protéger le bien-être des animaux ne pourraient-elles pas faire l'économie d'atteintes préalables à l'intégrité d'un être humain?

Marie-Andrée Tremblay

Chicoutimi

Saguenay est inclusive

M. Jean Tremblay, maire de Saguenay

Suite à votre intervention concernant l'accueil de réfugiés syriens à Saguenay, je déplore votre ignorance et les faussetés que vous colportez dans les médias. La population de la région est connue pour son hospitalité et est ouverte aux autres. Votre ignorance en fait une population que vous voulez à votre image.

Je suis d'une famille nombreuse ou l'instruction était une priorité. Natifs de La Baie, où il y a un port de mer international, nous avons été en contact avec l'étranger depuis toujours. Après la Première Guerre mondiale, sur deux générations, mes grands-parents et mes parents ont accueilli et hébergé tous les ans un Allemand devenu quêteux. Il avait fui la guerre et pour cela, nous lui portions tous un grand respect. Après la Seconde Guerre mondiale, mes parents et plusieurs autres familles ont accueilli des Portugais jusqu'à ce qu'ils trouvent un emploi qui leur convienne. Il n'était pas rare que des étrangers fuyaient les bateaux pour se réfugier dans les familles qui les accueillaient sans les dénoncer. La générosité ne s'arrêtait pas là dans nos foyers et je vous en ferai grâce, car je doute que ça vous intéresse.

Depuis que vous nous représentez, vous vous êtes fait connaître comme un individu réfractaire aux autres cultures. Votre comportement ne peut que nuire au développement notre société.

Reine Tremblay

La Baie

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