Encore de l'appauvrissement volontaire

L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan... (Archives Le Quotidien)

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L'Usine Alma de Rio Tinto Alcan

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J'ai été bien déçu par la lettre d'opinion intitulée ''Encore Alma'' et publiée le mercredi 11 novembre dernier sous cette rubrique.

L'auteur est visiblement conscient qu'il n'est pas question de salaires dans la négociation en cours entre Rio Tinto et ses employés. Cependant, il se sert d'une minorité qui gagne 100 000 dollars par année pour accentuer le mépris vis-à-vis des travailleurs. Bien sûr , employés de chez Rio Tinto, nous ne sommes pas sans savoir que nous avons de bons salaires. Aussi, il faudrait que l'auteur sache qu'il n'y a pas qu'Alma dans cette négociation. Il est question de neuf accréditations syndicales différentes qui représentent 50% des travailleurs syndiqués!

Je crois qu'il est important de corriger le tir sur les prétendues affirmations du syndicat , qui font passer, volontairement ou non, les syndiqués pour des gens qui se plaignent la bouche pleine et qui en demandent toujours plus. Dans le concret, il n'est nullement question de demandes ni même de statu quo, mais bien de concessions historiques exigées par Rio Tinto. L'économie sur les mesures d'allègement, qui grâce au projet de loi 57, va faire en sorte que Rio Tinto va épargner 519 millions de dollars n'est pas suffisante, selon eux, pour maintenir le régime comme tel. Pas plus que les 700 millions de dollars d'avantages énergétiques annuelles dont cette compagnie profite et que tous les Québécois financent ne leur suffisent à maintenir le niveau d'emplois, les conditions des travailleurs et des retraités. Au contraire, avec les fameuses ententes secrètes qui servent maintenant à déséquilibrer le rapport de force à l'avantage de la compagnie, celles-ci nuisent aux bénéfices que la région peut tirer de ses ressources naturelles. Pourtant, rien n'a changé, les salaires sont toujours la seule retombée économique. Bien maigre redevance collective pour la hauteur de notre financement où chaque dollar de concession accordé s'en va directement à Londres. Alors qui en demande toujours plus?

Il va de soi qu'une usine en contexte de fermeture n'a pas le même pouvoir de négociation que celle qui est la plus rentable pour la compagnie. C'est pour cela que la coalition se regroupe pour qu'ensemble on puisse aller chercher les meilleurs bénéfices pour le groupe et donc la région. Mystérieusement, les usines les plus menacées de fermetures n'ont pas voulu se servir du rapport de force économique de la coalition dans cette négociation! Cela n'aidera sûrement pas la présente négociation, mais ce serait un désastre régional de tout niveler par le bas et d'entrer dans une paranoïa où le contexte de fermeture nous menace tous sans tenir compte des avantages consentis. La peur est un bien mauvais négociateur!

Quand l'auteur dénonce le fait que 60% des employés du secteur privé de la région n'ont aucun régime de retraite, j'aurais aimé qu'il spécifie que c'est cela qui n'a pas de bon sens, mais non, pour lui, c'est plutôt l'inverse! C'est le fonds de pension des employés de Rio Tinto qui est sa cible! Cet appauvrissement volontaire n'est certainement pas la solution pour sortir notre région de la morosité économique qui l'entoure et l'exploite...

Billy St-Pierre (syndiqué Métallos 9490), Hébertville

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