PTP: pas de panique

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La semaine dernière, à Manille, dans le cadre du sommet sur la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC), la nouvelle ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, a déclaré que son gouvernement examinait le texte du Partenariat transpacifique (PTP) et que les Canadiens seraient consultés; un engagement pris par les libéraux en campagne électorale.

Elle ajoutait, du même souffle, que le nouveau gouvernement canadien ne se sentait pas lié au plan de compensations annoncé par le précédent dans le secteur de la gestion de l'offre. Malgré tout ce qui s'est dit et s'est écrit depuis, je ne crois pas qu'il y a lieu de s'alarmer à la suite de ces déclarations, à ce moment-ci, l'examen des compensations était aussi un engagement des libéraux.

Plusieurs signataires du PTP, tous présents à Manille, veulent voir cette entente ratifiée dans les plus brefs délais, notamment le président américain Barack Obama. «Aujourd'hui, nous allons discuter de la voie à suivre pour nous assurer que le PTP soit promulgué dans chacun de nos pays le plus rapidement possible», a-t-il déclaré au sommet de l'APEC. Rhétorique politique oblige, c'est d'abord en réaction à cette pression que le gouvernement canadien a voulu prendre ses distances, comme tout gouvernement fraîchement élu l'aurait fait. Ceci dit, nous savons très bien que le Canada adhérera à cet accord.

Pendant la campagne électorale, les libéraux ont pris l'engagement de consulter les Canadiens sur le PTP. Donc, aucune surprise là non plus et nous allons certainement y participer. J'entends bien rappeler à la nouvelle ministre, ce qu'elle sait probablement déjà, soit qu'un tel accord commande nécessairement des compensations pour les secteurs sous gestion de l'offre. D'autant que le Canada, pour adhérer au PTP, n'avait pas à concéder quoi que ce soit dans ces secteurs.

De plus, la révision du plan de compensations s'avère nécessaire. D'une part, les 4,3 milliards de dollars sur 15 ans (pour le PTP et l'accord Canada-Europe), annoncés par le gouvernement Harper pour le PTP et l'accord Canada-Europe (AECG), sont nettement insuffisants. Les pertes prévisibles sur dix ans s'élèvent à quelque 6 milliards$. On est donc loin du compte.

D'autre part, la répartition des montants annoncée par les conservateurs est inadéquate. L'enveloppe prévoit en effet 1,5 milliard$ pour la perte de valeur hypothétique des quotas. Un tel scénario, indépendamment des concessions, est très improbable et les producteurs, à terme, ne verraient jamais la couleur de cet argent. D'où la nécessité de transférer ces 1,5 milliard$ aux 2,5 milliards$ déjà prévus pour les pertes de revenus.

Au final, je retiens des propos de la nouvelle ministre que nous aurons bientôt l'occasion de revoir à la hausse le montant des compensations ainsi que leur répartition. Tout autre plan de match serait très mal reçu par les producteurs sous gestion de l'offre.

Marcel Groleau

Président général

Union des producteurs agricoles

Choisir la civilisation

Les drames barbares qui se vivent en France et font d'innocentes victimes offrent l'occasion à toutes les personnes de bonne volonté d'user de leur conscience pour décider comment réagir. Trois choix s'offrent à nous: nous replier sur nous-mêmes et procrastiner dans la peur; armer nos désirs très humains de vengeance; ou aller vers un supplément de solidarité.

Notre choix est déterminant pour l'avenir de notre civilisation.

Choisir de nous barricader et fermer nos frontières, non seulement empêchera notre progression dans la liberté, mais incitera les personnes en mode survie à forcer nos portes. Choisir de répondre oeil pour oeil, dent pour dent, et nous laisser entraîner dans des stratégies guerrières rageuses plutôt que raisonnées, ne peut qu'entraîner la mort et la destruction. Choisir la voie de l'amour et de l'entraide, cette voie enseignée par le Christ, m'apparaît être la seule issue.

Choisir cette voie ne veut pas dire devenir indifférent aux dangers, ce qui serait suicidaire. La solution humaine dans les circonstances est de trouver le juste milieu entre l'exigence d'éviter par tous les moyens possibles qu'un intégriste fou tue l'un ou l'une des nôtres, et la solidarité qui dicte d'accueillir les innocentes victimes, hommes, femmes et enfants sans logis, qui fuient la guerre, la famine, ou un climat de terreur et d'oppression. C'est seulement sur cette base que le monde peut se construire.

Aller au-delà de ce qui lèvent en nous, malgré nous, autant la colère ou la haine que la peur de l'étranger, et tendre une main empathique aux personnes en détresse qui mettent leurs espoirs en nous, nous rendra pleinement humain. Sans doute, il y des risques de nous faire faire mal et il est certain que nous serons dérangés. Mais les blessures les plus affreuses que nous risquons et les dérangements que nous vivrons seront toujours moins dommageables qu'un recul dans la construction d'un monde plus civilisé.

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau

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