Un projet non durable!

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Plusieurs craignent des conséquences à court, moyen et long terme de l'implantation d'un terminal de liquéfaction de gaz naturel destiné à l'exportation dans le fjord du Saguenay.

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Dans un contexte économique régional anémique où nous assistons presque impuissants à des pertes d'emplois industriels par centaines, est-il justifié de donner carte blanche à un projet uniquement en se basant sur le nombre brut d'emplois, aussi bien rémunérés qu'ils soient, qu'il créera? Ce n'est pas l'opinion des membres du collectif «Saguenay en Phase Terminal». Ceux-ci craignent des conséquences à court, moyen et long terme de l'implantation d'un terminal de liquéfaction de gaz naturel destiné à l'exportation dans le fjord du Saguenay.

Le promoteur de ce projet, Énergie Saguenay GNL Québec, nous promet 300 emplois industriels lors de la mise en service en 2022, et quatre fois plus durant la période de construction qui s'échelonnerait de 2017 à 2022. Il nous parle d'un investissement de sept milliards de dollars. Des chiffres à faire frémir le Dr Terreur en personne! Mais que faudra-t-il sacrifier pour obtenir ces emplois? Actuellement, selon les chiffres de l'Association touristique régionale (ATR), il y aurait plus de 1600 emplois directement liés à la géologie, la flore et la faune marine particulière et unique du fjord. Ces trois facteurs sont interdépendants et peut-être plus fragiles qu'on le pense. Le projet de GNL risque de créer un déséquilibre irréversible qui mettra un terme à la vie dans les eaux du fjord du Saguenay telle qu'on la connaît et de fait à une économie touristique qui a pris des années à construire.

La venue de 180 super-méthaniers chaque année en période navigable qui déverseront des dizaines de milliers de tonnes d'eaux de ballast à chacun de leur passage pour les remplacer par du gaz naturel liquéfié aura des impacts inconnus. Les navires de ce type ont besoin de lest pour se stabiliser en mer. Lorsqu'ils se vident de leurs cargaisons de gaz, ils doivent compenser la perte de poids par de l'eau qu'ils puisent sur place. Cette eau pompée à bord peut être contaminée par toute sorte de choses allant des espèces animales marines qui pourraient se multiplier en l'absence de prédateurs, à la contamination pétrolière, en passant par tout ce qu'on peut retrouver dans les eaux d'un port. Les conventions maritimes internationales dont Transport Canada est cosignataire recommandent aux navires qui doivent gérer leurs eaux de ballast de procéder au remplacement de ces eaux à 95% en plein océan dans des endroits où la salinité est très élevée afin d'éliminer presque 100% des contaminants biologiques, chimiques ou bactériologiques. Il ne s'agit là que d'une «recommandation» puisque les équipages ne sont pas tenus de le faire dans les cas où les conditions de navigation rendraient la manoeuvre dangereuse. Ce sont donc des dizaines, voire des centaines de millions de tonnes d'eau de provenance incertaines ou ayant un taux de salinité supérieur à celui du fjord qui viendraient menacer le fragile équilibre de la vie marine et les emplois qui en découlent. Ceci aurait beaucoup moins de conséquences si Port Saguenay était situé sur l'océan et non sur une rivière.

D'autre part, et ceci menace directement la viabilité des 300 emplois permanents promis, l'industrie nord-américaine du gaz de schiste est vouée à une fin rapprochée. La technique de fragmentation hydraulique implique l'injection d'énormes capitaux dans un contexte où le prix du gaz est à son plus bas et où la ressource s'épuise rapidement. Nous risquons fort de nous retrouver en 2022 avec un éléphant blanc de sept milliards sur les bras et aucun emploi puisque l'Amérique cherchera l'autosuffisance avant l'exportation. Et que serons-nous prêt à faire pour garder quelques emplois? Parce qu'un gazoduc, ça peut devenir un oléoduc! Et du pétrole, il y en aura encore longtemps. Serons-nous désespérés à ce point en 2030?

Benoît-Robin Lessard

Porte-parole

Collectif «Saguenay en Phase Terminal»

Abolir les partielles?

Les libéraux prévoient bientôt supprimer les élections scolaires parce que, à les entendre, le taux de participation y est trop faible. Mais c'est, à mon avis, davantage pour assouvir leur obsession de supprimer le déficit budgétaire!

Pour ce qui est du déficit démocratique? Bah! On ne peut nier que le taux de participation aux élections scolaires n'est pas à la hauteur; les pourcentages sont éloquents. Moi-même, je n'y ai voté que deux fois; c'est quand même mieux que zéro. Mais lors d'élections partielles au provincial, n'est-ce guère mieux? Les élections partielles tenues le 9 novembre dernier ont démontré, encore une fois, que les électeurs sont loin de s'être bousculés aux portes des bureaux de scrutin. En passant, il y a eu des taux de participation à des partielles aussi bas que 17%, comme dans la circonscription de Viau en 2013.

Dans Saint-Henri-Saint-Anne, pour ne citer qu'un des quatre comtés en élection cette fois-ci, moins de 24% des électeurs inscrits sur les listes se sont présentés aux urnes. Encore en passant, la caquiste devenue nouvellement libérale et ministrable de surcroît, Dominique Anglade, y a remporté l'élection avec un gros 9% des électeurs inscrits. Peu cher payé pour accéder au Saint des Saints du gouvernement! Malgré cela, aura-t-on l'audace d'abolir les élections partielles? Jamais de la vie! Non par idéal démocratique, mais bien parce que les statistiques sont du côté des deux vieux partis qui alternent au pouvoir!

Stéphanie Brassard

Saguenay

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