Une clause à revoir

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Le Quotidien

M. le premier ministre Couillard,
Rio Tinto Alcan (RTA) a sorti l'artillerie lourde dans les médias. Elle menace à nouveau ses employés d'un lock-out au 31 décembre prochain s'ils n'acceptent pas d'importantes concessions dans le régime de retraite. Vous me direz qu'il s'agit d'un enjeu de négociation et qu'un premier ministre n'a pas à s'immiscer dans le débat. Avec raison.

En cette période d'austérité (ou de rigueur budgétaire, si vous préférez), il y a cependant une chose qui vous concerne au plus haut point. C'est la fameuse entente secrète qui oblige Hydro-Québec à acheter au gros prix les surplus énergétiques de la multinationale RTA en cas de conflit, et ce, même si elle n'en a pas besoin.

Lors du lock-out en 2012, Hydro-Québec avait versé 148 M$ en pure perte à RTA. C'est donc dire que les contribuables québécois paient pour financer les lock-out d'une multinationale qui cherche à réduire sa contribution à l'économie régionale.

Alors que les compressions se multiplient dans l'éducation et la santé, votre gouvernement ne peut se permettre de jeter par les fenêtres de l'argent pour aider une multinationale à faire sortir encore plus de capitaux du Québec.

Nos taxes et impôts ne peuvent financer un conflit de travail. C'est inadmissible.

C'est un gouvernement libéral qui avait signé l'entente secrète en 2006, qui sécurisait, entre autres, l'approvisionnement en électricité de la multinationale jusqu'en 2058. Nous osons croire que RTA a exploité en 2012 une faille de la clause sur l'achat des surplus d'électricité par Hydro-Québec et l'a détournée de son sens premier. Nous osons croire également que le gouvernement libéral ne cautionne pas un tel gaspillage d'argent public et un tel déséquilibre dans les négociations.

Cette compagnie reçoit beaucoup des fonds publics du Québec. Elle tire grand profit de nos richesses naturelles. C'est correct, dans la mesure où elle crie des emplois et génère des retombées économiques importantes. Mais voilà, le nombre de travailleurs de RTA au Saguenay-Lac-Saint-Jean est passé de 12 000 dans les années 1960 à environ 4500 aujourd'hui, et la compagnie multiplie les tentatives pour diminuer toujours plus les retombées économiques.

Nos membres ont résisté pendant six mois de lock-out en 2012, alors que la compagnie limitait ses pertes, en raison de l'entente secrète. Voilà que RTA brandit la même menace trois ans plus tard. Il est plus que temps de rétablir l'équilibre des négociations. RTA y pensera peut-être à deux fois si elle doit assumer elle-même le coût d'un arrêt de la production. RTA est continuellement en demande de nouveaux avantages. Votre gouvernement, M. Couillard, doit imposer ses conditions.

Les contribuables québécois ont mieux à faire de leur argent que de financer les lock-out d'une multinationale.

Daniel Roy, directeur québécois des Métallos

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