Le BAPE a tranché... pour l'instant

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Le Quotidien

Le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet d'Arianne Phosphate est maintenant disponible.

À nos yeux, la recommandation maîtresse de l'excellent travail des commissaires Parent et Locat est la suivante : « La commission d'enquête est d'avis que l'exclusion du projet de terminal maritime à Sainte-Rose-du-Nord du projet minier et les impacts qui en découleraient font en sorte qu'elle ne peut établir que le scénario de transport vers Saint-Fulgence, tant au plan écologique que social, serait le plus acceptable de ceux présentés (p. 113) ». En clair, les commissaires disent au ministre d'exclure de son décret ministériel toute autorisation touchant la dimension transport, car il lui manque des informations essentielles pour lui permettre de statuer que Sainte-Rose-du-Nord est une meilleure destination que Dolbeau-Mistassini, Alma, Grande-Anse ou Forestville.

Malgré cet avis limpide, le promoteur, la Chambre de commerce de Saguenay, deux maires et le préfet de la MRC du Fjord font pression sur le ministre du MDDELCC afin qu'il émette le décret ministériel dans les plus brefs délais. Selon nous, le ministre doit résister à cette pression pour deux raisons. L'Agence canadienne d'évaluation environnementale (ACEE) a initié son propre processus d'évaluation environnementale concernant le projet de terminal maritime en rive nord du Saguenay. Le ministre ne peut donner l'impression qu'il connaît déjà la réponse en permettant des travaux qui scelleront définitivement le scénario de transport vers ce terminal virtuel. Sinon, pour quelles raisons est-ce que les citoyens devraient participer à un processus dont le résultat serait connu d'avance? Le BAPE a pour mission d'éclairer la prise de décision gouvernementale dans une perspective de développement durable, lequel englobe les aspects écologique, social et économique. Pour réaliser cette mission fondamentale, le BAPE informe, enquête et consulte la population sur des projets comme celui d'Arianne Phosphate. Dans ce cas précis, les commissaires se sont rendus aux preuves de plusieurs participants et ont jugé sévèrement la stratégie du promoteur d'exclure du BAPE une partie essentielle de son projet : le terminal maritime. Un décret faisant fi de cet avis viendrait miner la confiance du public envers un processus qu'il croyait équitable et auquel il a participé de bonne foi.

Au fil du temps, la société civile a obtenu de ses gouvernants des tribunes pour faire valoir ses points de vue sur des projets de développement qui posent des défis au plan environnemental et sociétal. L'un des objectifs est de faire contrepoids à la trop forte dominance des dimensions économiques. Le BAPE est l'une de ces rares tribunes où la démocratie participative peut se faire entendre. Le gouvernement du Québec a le devoir d'en protéger la crédibilité et l'intégrité. Un décret ministériel autorisant dès maintenant des travaux sur la partie transport du projet d'Arianne Phosphate ferait exactement le contraire.

Nathalie Camus, Daniel Lord, Michèle Martin, Martin Perron, François Tremblay

Le CA du collectif de l'Anse-à-Pelletier

Nommés et nominés

Dimanche soir, à la télévision, c'était le gala pour célébrer la chanson québécoise, l'ADISQ, mais pas vraiment la langue française.

En effet, comme cela se produit à chaque gala, presque tous les présentateurs et présentatrices se font un devoir de répéter les anglicismes « nommés » et « nominés ».

Est-ce par ignorance ou par je-m'enfoutisme que l'on répète ces fautes gala après gala, présentation après présentation?

Le verbe « nommer » donne naissance à deux substantifs qui ont le sens de « un dénommé » l'un dans le sens juridique qui veut dire « la personne qui répond au nom de » et un autre sens du substantif « nommé » est « un certain » ou encore « qui répond au nom de ».

On est très loin du sens de « mis en nomination », en lice ou sélectionné comme voudraient le dire les présentateurs.

Quant à « nominés », on peut comprendre que c'est un calque de l'anglais « nominees » qui est francisé et colporté d'un présentateur à un autre, tel un virus linguistique qui se propage sans que personne n'intervienne.

« C'est pas grave », direz-vous! Effectivement, nous sommes devant une situation sans commune mesure avec les drames qui frappent actuellement l'humanité, mais ce n'est quand même pas une raison pour laisser notre langue déformée par toutes sortes d'attaques directes et indirectes surtout venues de la part d'artistes qui se vantent de défendre notre langue contre vents et marée.

Je vous invite donc au prochain gala à comptabiliser le nombre de fois que l'on va dire « les nommés » ou « les nominés », et vous vous rappellerez ainsi une strophe des animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine : « ils n'en mourraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

Pierre Lincourt

Chicoutimi

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