Moins de stationnements!

La rénovation de l'îlot occupé pendant longtemps par... (Archives Le Quotidien)

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La rénovation de l'îlot occupé pendant longtemps par la quincaillerie Potvin Bouchard et le parachèvement de la trame urbaine discontinue entre la rue de la Fabrique et de la rue Colbert permettront de consolider le secteur et densifier un quartier existant plutôt que d'ouvrir encore de nouvelles rues en périphérie.

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Saguenay a récemment annoncé un projet majeur au centre-ville de Jonquière. Il s'agit d'une très bonne nouvelle! La rénovation de l'îlot occupé pendant longtemps par la quincaillerie Potvin Bouchard et le parachèvement de la trame urbaine discontinue entre la rue de la Fabrique et de la rue Colbert permettront de consolider le secteur et densifier un quartier existant plutôt que d'ouvrir encore de nouvelles rues en périphérie. C'est de cette façon, en optimisant les infrastructures existantes, que devrait systématiquement se faire le développement à Saguenay, comme ailleurs.

En tant qu'urbaniste, je ne peux cependant rester muet devant une partie de ce qui a été annoncé qui m'apparaît être une aberration en 2015. L'administration municipale a profité de la présentation de ce projet emballant pour annoncer l'expropriation de plusieurs résidences dans le but de les démolir et de les remplacer par un stationnement. Si à première vue, cela peut paraître pratique pour ceux qui souhaitent aller sur la rue Saint-Dominique, cela ne devrait plus faire partie du coffre à outils d'une ville au 21e siècle.

Nombreuses sont les villes qui ont démoli un grand nombre d'immeubles de leur centre-ville des années 50 aux années 90 afin d'accommoder davantage d'automobiles. Celles-ci souhaitaient alors rivaliser avec l'arrivée des centres commerciaux en périphérie. Certaines ont poussé cette logique au point où la population et les activités ont fui vers la périphérie, engendrant nombre de problématiques et de coûteuses interventions afin de cesser l'hémorragie. Plutôt que de dynamiser un secteur, le stationnement en réduit plutôt la population et l'animation au profit d'aires servant à entreposer des voitures, l'utilisation du sol la moins productive qui soit sur la meilleure localisation qui soit!

D'un strict point de vue économique, le stationnement, d'autant plus lorsqu'il est public et gratuit, ne rapporte aucun revenu aux villes. L'utilisation du sol a pourtant une valeur. La démolition de résidences privées réduira donc les revenus fonciers de la ville, sa principale source de revenus. Le stationnement n'augmentera certainement pas la valeur des propriétés voisines non plus. Cela est sans compter les coûts de construction, d'entretien et de déneigement. Cela s'apparente donc plus à une subvention à l'utilisation de l'automobile plutôt qu'à une opération de revitalisation urbaine.

Pour ajouter à l'ironie, le stationnement sera utilisé majoritairement par les travailleurs du secteur. Les commerçants n'en profiteront donc que très peu. Or, le secteur bénéficie d'un atout très important pour favoriser son accès: le terminus d'autobus de Jonquière s'y trouve! Les autobus de la STS y convergent déjà. Le secteur a donc la possibilité d'être ce qu'on appelle un TOD (transit-oriented development): un secteur développé en fonction d'un accès privilégié par transport collectif. Non seulement il n'est pas illusoire d'investir dans l'amélioration de ce service, mais le combiner à une densification graduelle rapporterait beaucoup plus dans les coffres de la ville que de dépenser pour davantage de stationnements gratuits. Le Centre de gestion des déplacements de Saguenay, le CADUS, a justement pour mission de travailler avec les employeurs pour développer des solutions alternatives à l'automobile.

Une ville riche en est une où les plus riches se déplacent en transport collectif! Une ville riche en est une qui valorise son foncier et attire les gens dans son centre-ville plutôt que de les exproprier! Une ville, quelle qu'elle soit, ne doit pas confondre un centre-ville avec un centre commercial lorsque vient le temps d'intervenir sur celui-ci!

Louis Mazerolle, urbaniste

M. Sc. Architecture-Design urbain, Université Laval

B. Sc. Urbanisme, Université de Montréal

L'histoire de Chicoutimi

Au téléjournal dimanche soir dernier, la journaliste nous démontre le projet d'un téléphérique pour une vue à vol d'oiseau de La Pulperie, du Bassin, de la zone portuaire de Chicoutimi, etc. À trois reprises elle spécifie «Chicoutimi».

Mais voilà que le conseiller municipal Jacques Fortin vient compléter le reportage en mentionnant que c'est l'interprétation: «l'histoire de Saguenay». Si on veut faire de l'histoire, il faut utiliser les vrais noms. Ce n'est pas l'histoire de Saguenay, c'est l'histoire de Chicoutimi.

A-t-on besoin d'un téléphérique de 4,5 M$ pour voir l'histoire de Saguenay qui n'a que 13 ans d'existence? Encore un grand projet que la population ne demande pas alors que son promoteur n'est même pas capable de l'identifier correctement. De plus, est-ce que les quatre cabines vont prendre la même direction que la patinoire de la Place du citoyen et les gondoles à Jonquière, parce que trop cher d'entretien? On n'est pas obligé d'acheter du caviar, même s'il est en spécial à 80%, si c'est au-dessus de nos moyens.

Pauline Brassard

Chicoutimi

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