Des réfugiés; des immigrants

«Un réfugié est une personne qui a fui... (Photo Agence France-presse)

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«Un réfugié est une personne qui a fui son pays pour des raisons politiques, pour échapper à la guerre, à un danger», selon le Multidictionnaire.

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Le Quotidien

Monsieur Patrick Duquette,

Je souhaite réagir à votre chronique du 14 octobre, publiée dans Le Quotidien, intitulée «Le niqab et les Romains». Vous y parlez des immigrants, puis vous affirmez, «...Ils n'ont pas fui la pauvreté et l'oppression religieuse pour l'importer au Canada!». Or, j'ai un problème avec cette phrase. C'est pourquoi je voudrais faire la part des choses entre un réfugié et un immigrant.

«Un réfugié est une personne qui a fui son pays pour des raisons politiques, pour échapper à la guerre, à un danger», selon le Multidictionnaire. Cette personne se rend alors dans un autre pays ou autre endroit pour se mettre à l'abri, en lieu sûr. Pour sauver sa vie. Dans la plupart des cas, elle a tout perdu.

Le seul critère qui détermine l'accueil à bras ouverts d'un réfugié sous d'autres cieux est que sa vie est en danger. Peu importe sa situation sociale, ses études, sa langue, son état général de santé, etc.

Mais cette personne n'est pas une immigrante si je me réfère à la définition du mot immigrant, selon la même source. «Un immigrant est une personne entrant dans un pays étranger pour s'y établir».

Il y a une nuance et une confusion que beaucoup de personnes font sur ces deux notions. Un réfugié n'a pas besoin d'avoir fait des études pour prendre l'avion qui va sauver sa vie, ou pour traverser une frontière. Mais cela n'enlève rien au fait qu'il puisse avoir une très bonne et haute scolarité.

Par contre un immigrant, lui, prend la décision de quitter son pays, il fait une demande qui lui prend deux, trois, voire quatre ans et même plus pour certains. En ce qui me concerne, j'ai attendu trois ans dans mon pays avant d'avoir ce visa de résidence permanente afin m'installer au Québec. Et pendant ce temps, je vivais ma vie, j'allais au travail, je n'étais pas en danger de mort. L'immigrant choisit de venir vivre au Canada, certes. Mais il doit passer une batterie de tests et respecter plusieurs critères dont avoir fait des études collégiales au moins, sinon universitaires, avoir une excellente santé, pour ne citer que ceux-là. Et voilà j'en suis au noeud de mon propos, l'immigrant doit avoir de l'argent. Immigrer au Canada demande de l'argent, beaucoup d'argent. Car le processus d'immigration est long, stressant et très coûteux. En conséquence, un immigrant n'est pas une personne qui fuit la pauvreté. Un immigrant n'est pas une personne pauvre.

Mon combat de tous les jours consiste à briser ce préjugé qui présente l'immigrant comme une personne qui était pauvre dans son pays. Plusieurs personnes pensent que c'est pour fuir la faim et la misère que nous sommes ici.

Non! Les immigrants, quels qu'ils soient, d'où qu'ils viennent n'étaient pas pauvres. Si nous étions pauvres, jamais nous n'aurions pu immigrer. Jamais!

Nous n'aurions même pas eu cette idée, tellement nous aurions été préoccupés par notre estomac, préoccupés par la recherche de notre pitance quotidienne. Plusieurs d'entre nous se retrouvent plutôt pauvres une fois ici. Mais ce n'est pas le sujet de mon intervention. Ce que nous recherchons en venant ici, c'est la paix sociale et celle-là, n'a pas de prix. Puisque nous mettons le prix qu'il faut pour immigrer.

Tous les millions de dollars du monde ne peuvent pas rivaliser avec la paix sociale, et cette paix sociale englobe tout un ensemble de choses qui n'ont rien à voir avec la pauvreté. Je voulais vous éclairer: ce que vous écrivez est lu par des milliers de personnes. Un seul mot mal utilisé, mal placé, ou utilisé hors contexte peut conduire aux antipodes de ce que l'on voulait véhiculer comme message. Aidez-moi, aidez-nous à éradiquer les préjugés.

Je suis très heureuse d'avoir choisi le Québec. J'y ai trouvé la paix sociale. J'aime profondément le Québec et je lui suis très reconnaissante. J'entends apporter ma contribution à son édification.

Marie-Gabrielle Tacka

Immigrante en avril 2010

Saint-Gédéon

Choisissez votre collectivité!

Que vous habitiez au Québec, au Manitoba ou au Nouveau-Brunswick, allez voter aujourd'hui pour votre ville, pour votre municipalité! Votez pour l'équipe ou le candidat qui s'est engagé à offrir des conditions gagnantes et un partenariat efficace avec les gouvernements de proximité. Qui s'est engagé à offrir une meilleure qualité de vie en investissant dans les infrastructures publiques? Qui a pris des engagements concrets pour le logement, le transport en commun et les routes? Qui a fait les propositions les plus solides pour les priorités qui sont les vôtres: des villes sécuritaires et au développement durable, des emplois locaux et une économie locale croissante?

Nous en sommes à la dernière étape de cette campagne électorale de plus de deux mois. La Fédération canadienne des municipalités (FCM) aura martelé l'importance pour les partis fédéraux de se pencher sur la véritable priorité des citoyens à travers tout le pays: la qualité de vie dans les collectivités du Canada. Puisque les enjeux municipaux sont d'abord et avant tout ceux des Canadiens, nous avons sollicité les partis fédéraux pour qu'ils soient partenaires avec nous pour intervenir sur un ensemble de priorités. Si nous avons mis de l'avant les besoins concernant le logement, les infrastructures et les transports, nous avons aussi insisté sur l'importance de construire une économie plus forte et d'améliorer la qualité de vie des citoyens aux quatre coins du pays.

Aujourd'hui, le choix repose entre les mains des électeurs canadiens. Vous avez voix au chapitre en ce qui concerne les enjeux qui ont un impact direct sur votre quotidien. Peu importe votre allégeance, vous avez le pouvoir de voter pour la proposition du parti qui répond le plus aux enjeux vous touchant de près.

Raymond Louie

Conseiller municipal Vancouver

Président Fédération canadienne des municipalités (FCM)

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