Osons le vélo!

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Le Quotidien

J'arrive tout juste de Montréal où j'ai assisté pour la première fois au colloque «À pied, à vélo, ville active», organisé par Vélo Québec. La première chose qui a frappé mon oeil de «cycliste utilitaire» est le nombre effarant de personnes qui se déplacent à bicyclette pour aller quelque part.

Et j'insiste sur ceci: ces cyclistes vont effectivement quelque part. Il ne font pas que se promener à vélo. Ils ont une destination et ils ont choisi la bécane comme moyen privilégié de transport. Les cyclistes urbains sont de tous âges et ce n'est pas un hasard. Il y a quelques années, du temps du maire Jean Doré, Montréal a commencé à développer son réseau cyclable à même les rues existantes tout en gardant en tête que ce développement doit être fait de manière sécuritaire. Ce développement se poursuit encore aujourd'hui et la sécurité des usagers est toujours au coeur des concepteurs: feux de circulations dédiés qui permettent aux cyclistes de prendre une longueur d'avance sur les voitures; sas à vélo pour permettre aux cyclistes d'aller se placer devant les voitures aux intersections; bordures de béton séparant les différents types d'utilisateurs; possibilité d'embarquer les vélo sur les autobus à tous les arrêts des lignes déterminées; carte assurance pluie pour les abonnés du Bixi qui leur permet de prendre six fois l'autobus par période de trois mois...

Plus il y a d'aménagements cyclables, plus il y a de cyclistes. Dans un monde toujours dominé par le monstre métallique à émissions toxiques qu'est l'automobile solo, les cyclistes trouvent de plus leur compte dans les grandes villes tant et si bien que le nombre estimé de cyclistes potentiels par les concepteurs des aménagements de Montréal a été dépassé de beaucoup. La souplesse qu'offre ce moyen de transport et les avantages pour la santé qu'il offre à ses utilisateurs surpasse de loin les inconvénients. Parlant de santé, on estime que le nombre d'hospitalisations causés par des traumatismes dû à des accidents de vélo sur le territoire de Montréal est bien inférieur à celui provoqué par l'oisiveté et le manque d'exercice. Plus il y a de cyclistes urbains, plus leur comportement est sécuritaire et plus les automobilistes sont attentifs. On en arrive à se demander si ce ne sont pas les conducteurs de véhicules moteur qui ne sont pas à leur place? Surtout lorsqu'on pense que ce sont les seuls utilisateurs des voies publiques qui doivent obligatoirement détenir un permis pour s'y trouver. À qui appartient réellement la rue?

Ce bain de cyclisme urbain provoque bien d'autres questionnements comme celui du cyclisme hivernal en territoire urbain. Le premier paradigme est celui des coûts de déneigement puisque le déneigement devra être de niveau supérieur. Fort heureusement, le transport actif et collectif coûte globalement beaucoup moins cher à la société québécoise que toutes les externalités de notre dépendance à l'automobile. Il n'y a qu'à penser que le Québec ne produit pas d'automobile, pas plus que le pétrole qui les fait avancer. Mais il y a beaucoup plus: toutes les routes que nous construisons pour favoriser ce mode de transport et donc pour favoriser une industrie d'importation négative et de surcroît polluante à souhait. À ce compte, la circulation à vélo l'hiver et le déneigement des aménagements cyclables ne coûtent vraiment rien. Le second paradigme est celui du froid. Pourtant, lorsqu'il s'agit de skier ou de patiner dehors, à l'extérieur, sous le firmament par les moins 20 degrés, on ne se soucie guerre de ce facteur. Le troisième et dernier paradigme est celui de l'achalandage. Pourquoi se donnerait-on la peine de déneiger les bandes cyclables pour quelques irréductibles? Replaçons-nous donc dans la mentalité des décideurs qui ne voyaient circuler que très peu de cyclistes dans les rues de Montréal même en été du temps du maire Doré. Le pari était risqué. Ils ont osé lancer le mouvement et les cyclistes sont venus. Osons le cyclisme hivernal et les cyclistes viendrons.

Ici, à Saguenay, en particulier à Chicoutimi, il y a des pentes fortes. Semblerait-il que celles-ci ont l'heur de décourager les plus fervents adeptes du cyclisme urbain. Pourtant, les cyclosportifs n'hésitent pas à se précipiter sur la route 175 pour aller gravir des pentes encore plus imposantes. Sans oublier que la STS offre aux cyclistes la possibilité d'embarquer leurs vélos sur des supports prévus à cette fin sur les routes qui empruntent les rues les plus pentues et sur les longs trajets interurbains.

Saguenay doit s'engager résolument dans la mouvance mondiale de la mobilité durable afin de retenir et d'attirer de jeunes talents qui désormais choisissent leur milieu de vie avant de penser à l'emploi qu'ils occuperont. Ces jeunes sont conscients que les comportements des générations qui les ont précédés ont conduit à un constat d'échec. Osons donc les aider à changer tout cela pour le mieux.

Benoît-Robin Lessard

Président

Club de Vélo Utilitaire Saguenay

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