Que sont devenus les CLSC?

«Dans les faits, les CLSC n'ont jamais répondu... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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«Dans les faits, les CLSC n'ont jamais répondu à leur mission première: l'urgence demeure toujours et encore la porte d'entrée du système de santé», estime l'auteur.

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Le Quotidien

Les CLSC ont été créés pour devenir des services de «première ligne», c'est-à-dire la principale porte d'entrée du système de santé québécois. Mais, au fil des ans, les CLSC se sont transformés au gré des gouvernements au pouvoir, des budgets alloués par ces gouvernements, des fusions inter-établissements (entre autres pour la santé mentale) et des critères auxquels ceux-ci devaient se soumettre. Ils n'ont jamais été la porte d'entrée...

Dans les faits, les CLSC n'ont jamais répondu à leur mission première: l'urgence demeure toujours et encore la porte d'entrée du système de santé. Ce qui ne devrait pas être le cas. Dilemme: il y a trop de personnes qui vont à l'urgence? Oups, le gouvernement aurait-il alors omis quelque chose?

Il y a eu des modifications majeures pour le CLSC du Grand Chicoutimi, notamment en ce qui a trait à la santé mentale. L'Institut Roland-Saucier, principal établissement où se retrouvaient tous les services en santé mentale et qui répondait adéquatement aux besoins des bénéficiaires ont été déplacés vers les CLSC lors de la fusion avec l'Hôpital de Chicoutimi, qui est devenue le Complexe hospitalier de la Sagamie, pour devenir le CSSS de Chicoutimi et tout récemment, le CIUSS.

En échange, ils ont emménagé les personnes en soins palliatifs (fin de vie) de l'hôpital vers l'Institut Roland-Saucier. Les psychiatres, quant à eux, ont pris place dans l'édifice «Pavillon Notre-Dame» Ouf! Or, si l'on comprend bien le contexte, si on souffre de problèmes psychologiques ou autres, on demande l'aide du CLSC pour recevoir les services de travailleurs sociaux, de psychologues, d'éducatrices spécialisées, d'ergothérapeutes ou autres services et le délai d'attente est très long. Pour recevoir les services de spécialistes (psychiatres), on se présente au Pavillon Notre-Dame (sur référence évidemment). Quel changement et quelle amélioration alors que l'on retrouvait antérieurement tous les services au même endroit!

Et, si cela n'était que cela! Des personnes «au seuil de la pauvreté» et qui ont des besoins criants ont de la difficulté à recevoir des services d'aide à domicile parce qu'elles n'ont pas 65 ans ou ne souffrent pas de maladies chroniques (bien sûr, les critères sont définis par cet établissement régi par le gouvernement en place donc, sujet à d'éternels et sempiternels changements).

Il y a des gens fortunés qui reçoivent l'aide du CLSC et des témoins peuvent certifier mes dires. Incroyable, mais vrai! En contrepartie, de pauvres personnes requièrent des soins infirmiers, d'ergothérapie, de physiothérapie, d'aide à domicile (ménage, épicerie, etc.) et ces gens n'y ont tout simplement pas accès parce qu'ils ne répondent tout simplement pas aux critères énoncés précédemment. Comble de logique, les personnes qui possèdent assez d'argent pour défrayer eux-mêmes des soins infirmiers et autres y ont accès. Que ressentez-vous! Tant qu'à moi, je n'ose exprimer ici mes pensées, car mes paroles seraient virulentes.

Bien sûr, si on porte plainte, les CLSC ont une réponse «préfabriquée» soit: «les normes imposées par le gouvernement ne nous permettent pas d'agir autrement!» Un peu loufoque, car le but premier de la naissance des CLSC était qu'ils répondent aux besoins prioritaires, dont, entre autres, donner des services aux personnes démunies!

Somme toute, si vous êtes fortunés, âgés de plus de 65 ans, vous avez droit à des services et si vous êtes pauvres, mais âgés de moins de 65 ans, vous n'y avez pas accès sauf si vous souffrez de maladies chroniques (toujours selon leurs critères). Devrait-on en déduire que plus on possède d'argent, plus on a de pouvoir, plus on a de services et plus les pauvres deviennent pauvres dû aux manques de ressources qui devraient leur être attribuées?

Je reviens souvent dans mes réflexions sur le système capitaliste dans lequel nous vivons et je le décrie et dénonce puisqu'il n'est pas adapté à la réalité de la population dont le pourcentage est de plus élevé en ce qui a trait à la pauvreté. Ce système devrait se retrouver «en consultation psychiatrique» pour maladie mentale chronique et non adaptative».

On s'en va où? À l'urgence. Et en espérance d'un gouvernement qui saura gérer ces «imbécillités» puisque les directeurs généraux de ces établissements se plaignent très peu, car ils sont très bien rémunérés pour ce qu'on leur demande de faire!

Avant de terminer, l'appellation de l'Hôpital de Chicoutimi a changé quatre fois en un court laps de temps. Il s'appelle maintenant le CIUSSS (Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean). Savez-vous ce que cela implique en terme de coûts? Changement de logo pour le papier lettre, pour les enveloppes, etc. Cela s'avère très dispendieux, croyez-moi et on nous dit qu'il n'y a pas d'argent pour répondre aux besoins des démunis! Il y a trop de paliers impliqués. Ces situations me foudroient littéralement!

Dyan Fleury

Saguenay

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