Vélo: trop de contraintes

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Le Quotidien

C'est à titre de président du Club de vélo utilitaire que je me suis présenté à la dernière séance du conseil municipal de Saguenay.

Deux aspects du nouveau règlement municipal (portant sur le vélo) interpellaient les membres du conseil d'administration du club. En occurrence le couvre-feu qui sévit maintenant sur ces voies de circulations urbaines entre 23h et 4h et la limitation de la vitesse à 30 km/h. Lorsque je lui ai posé la première question, le maire Jean Tremblay a dit que je lui en apprenais une bonne et qu'il ne l'avait «pas vu passer celle-là». Le conseiller Jacques Fortin a tenté une réponse sincère en disant que la Ville voulait éviter les attroupements un peu comme dans les parcs. Il s'agit pourtant de voies de circulation et non d'endroits où flâner. Pour répondre à la seconde question, le maire a évoqué le besoin de se donner des outils et qu'il serait bien étonné que la police s'adonne à des séances de radar sur les pistes cyclables. Pourtant, la Sécurité publique, à vélo, a déjà pointé ses radars sur des gens dans le cadre d'une campagne de sensibilisation, sans connaître les effets sur la santé. Ces réponses révèlent à mon sens un problème plus profond. Les conseillers qui votent les résolutions et règlements, et dans le cas qui nous intéresse ici, le maire lui-même, connaissent-ils réellement autant le contenu spécifique de la réglementation et des résolutions que les tractations préalables qui ont mené à leurs adoptions? On se rappellera la polémique qui a entouré l'adoption du budget alors qu'une majorité de conseillers avaient voté sans même avoir pu le lire. Comment et par qui sont écrits les règlements?

Je n'essaie pas ici de généraliser. Certains règlements sont bien sûr issus de recommandations d'organismes comme ceux qui, à titre d'exemple, émanent du Conseil consultatif d'urbanisme. Il y a des gens réellement impliqués dans le développement de la ville et loin de moi la volonté de minimiser leur travail. Mais une fois ces recommandations émises, pourquoi ne pas impliquer les conseillers dans ce qui pourrait s'apparenter à des comités parlementaires pour réviser une dernière fois ce qui sera éventuellement adopté pour le bien de tous les citoyens? Pour certains autres règlements, et celui des pistes cyclables en est un exemple probant, les articles ne semblent pas avoir fait l'objet d'une quelconque consultation et sont quelques fois d'une pertinence douteuse. Pour avoir personnellement siégé de bonne foi et bénévolement au comité des pistes cyclable des conseillers Josée Néron et Simon-Olivier Côté, l'an dernier, comité qui a commandé et déposé une étude menée par le CADUS sur le développement du réseau cyclables et du déplacement durable qui n'a aucunement été pris en considération ici, j'ai l'impression que ce nouveau règlement est tombé de nulle part. La Ville aurait pourtant tellement à gagner en rehaussant le degré de participation des citoyens à tous les niveaux dans l'établissement de nouveaux règlements. Ça éviterait d'adopter des règlements inapplicables comme celui des heures d'arrosage (qui relève de la dénonciation entre voisins), de l'interdiction de jouer au hockey dans les rues (même avec la présence d'un enquêteur de la SPS qui demeure en face, les enfants s'en donnent à coeur joie dans ma rue), la vitesse sur les pistes cyclables (puisqu'il n'est pas obligatoire d'avoir un indicateur de vitesse sur notre vélo) etc.. Le règlement sur l'utilisation des pistes cyclables est tellement contraignant. Devra-t-on obtenir un permis de conduire une bicyclette afin de circuler à vélo à Saguenay? Rien dans ce règlement ne sera jamais appliqué concrètement.

Benoît-Robin Lessard

Saguenay

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