Pourquoi procréer?

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Le Quotidien

Les femmes, les hommes ou les couples veulent-ils réellement devenir parents? Nous avons été élevés culturellement et religieusement vers cette orientation. On nous a affirmé que les femmes possédaient indubitablement «l'instinct maternel», donc, inutile d'ajouter quoique ce soit! Mais, cette énonciation est-elle véridique? D'après certains spécialistes, la réponse est oui et selon d'autres, la réponse est non. Alors, nous pouvons en déduire que cet instinct n'est pas «nécessairement et intrinsèquement inné et ancré» chez les femmes.

Dans le temps de ma grand-mère, le curé faisait des visites paroissiales annuelles et, une des premières questions était: quand allez-vous avoir un autre enfant? Plusieurs familles en avaient déjà une dizaine avec un seul revenu car le rôle de la femme avait déjà été établi par l'Église: engendrer, s'occuper de la maison, des enfants, de leur mari et de tout ce que cela comporte. Il fallait procréer car tel était le désir proclamé par le pape qui ordonnait aux prêtres catholiques, célibataires, de surcroît, qu'il en soit ainsi. Quand on vit dans un «palace» rempli de joyaux et de croyances, assez souvent imbues, comment peut-on édicter des lois que doivent obligatoirement respecter les couples et plus particulièrement les femmes? Pas étonnant que nous ayons assisté, dans les années 80, à la période féministe où les femmes revendiquaient leurs droits.

Mais, pourquoi fallait-il se reproduire? La raison la plus probante était de recruter plus de fidèles leur assurant ainsi la longévité de cette religion, et de par le fait même, leurs revenus. Car, il ne faut pas se leurrer! Depuis des lustres, les religions subsistent dû à la contribution financière de leurs adeptes. Si nous étions catholiques et tel qu'il nous avait été demandé, lorsque deux personnes formaient un couple, il devait procréer. C'est ce qui a produit inévitablement «la fissure fondamentale», soit le droit qu'a chaque humain de choisir sans obligation son propre chemin! Nous le constatons aujourd'hui, les église catholiques sont presque vides. C'est le passé mais il en demeure tout de même encore des relents aujourd'hui qui diffèrent évidemment puisque on ne peut passer outre l'évolution et les changements qu'elle apportent.

En 2015, la majorité des parents travaillent tous les deux soit par valorisation, accomplissement de soi ou obligation. Le coût de la vie a augmenté de façon significative et nous sommes à l'ère de la surconsommation. Tout un challenge pour les couples, les personnes divorcées, les familles recomposées ou familles monoparentales! Fort nous est de constater que, dès leur enfance, les enfants sont placés dans des garderies, des familles «de garde» subventionnées par l'État, des gardiennes à domicile, ce qui est plutôt rare car cela requière beaucoup d'argent, et s'ajoute les gardiennes quelquefois requises le soir. Ces enfants sont alors confrontés à des valeurs multiples, à divers comportements de la part des personnes qui les entourent, à des opinions souvent contradictoires de celles de leurs parents. Comment peuvent-ils devenir équilibrés?

Un enfant a besoin, entre autres, d'encadrement parental, de stabilité, d'amour, d'attention, de réconfort, de renforcement positif, de proximité affective, ce que peut leur offrir un parent présent afin qu'ils puissent s'épanouir et s'identifier à des valeurs solides et bien ancrées.

Lorsqu'ils deviennent «ados», ils arrivent à la maison; personne significative n'est présente. Que font-ils? Ils allument la télé ou «chattent» sur internet en créant des liens virtuels avec de parfaits inconnus, ou textent ou «sexent» avec leurs amis. Il n'est pas étonnant qu'ils aillent chercher ailleurs leur besoin d'appartenance et de valorisation et non, nécessairement, vers les bonnes personnes, ce qui va juguler leur manque d'attention et d'affection. Et, en date d'aujourd'hui, la consommation d'alcool et de drogues atteint les élèves du primaire. Pas tous, fort heureusement.

Essayons de les comprendre alors que les parents, dépassés par leur travail et leurs tâches quotidiennes à la maison ne peuvent, faute de temps, répondre à leurs besoins primaires et secondaires? Et, n'omettons pas les familles monoparentales qui n'ont pas les ressources nécessaires pour assurer une présence adéquate car elles doivent subvenir seules aux besoins de la famille; ce qui représente une tâche ardue et difficile! Il est souvent plus facile de juger que de poser des gestes concrets afin de résoudre une situation problématique. Pas facile à gérer et à «digérer»!

Un couple ou une personne seule ne devrait-elle pas se pencher sur ce qu'elle désire réellement? Vivre à deux, ou seule, et s'accomplir ainsi dans une carrière ou avoir des enfants tout en assumant l'entière responsabilité, ce qui n'est pas peu dire!

Si les parents ne se questionnent pas et que le cycle générationnel se perpétue, survient irrémédiablement une conséquence. Leurs enfants seront éduqués par différentes personnes qui ne possèdent miraculeusement pas leurs valeurs.

Toutes les personnes ont le droit de vivre leur vie telles qu'elles l'entendent mais, lorsque d'autres y sont impliquées, en outre des enfants, il faut se remettre sérieusement en question et faire des choix.

Il existe des solutions comme réduire le temps de travail, assurer la présence d'un parent à la maison en alternance et bien d'autres. Mais, oublions la surconsommation!

Cela dit, cessons de juger nos ados qui ne sont pas ce que nous voulions qu'ils soient! Ils ont pris le chemin qui les satisfaisaient et qui remplissait le vide qui les comblaient. En tant que parents, nous nous devons non pas de les juger sévèrement mais de se poser la question: s'ils agissent ainsi, que pouvons-nous réellement faire pour les aider? Dans mon langage, j'appelle cela «assumer et assurer» !

Dyan Fleury

Saguenay

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