Indépendance du Québec

L'ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau est décédé... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau est décédé à l'âge de 84 ans, dans la soirée du 1er juin.  À cette occasion, le fleurdelisé flottant sur l'Assemblée nationale a été placé en berne tôt le lendemain. (2 juin)

Le Soleil, Patrice Laroche

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Le Quotidien

C'est en 1959, il y a de cela 55 ans, que l'éveil de la notion de l'indépendance du Québec s'est faite en moi. C'était à l'écoute d'une conférence du Dr Raymond Barbeau, prononcée à l'École normale de Sherbrooke.

Dans un français châtier, le langage était clair et précis. Jamais je n'avais entendu un homme parler avec autant de ferveur et d'éloquence de la libération des Québécois comme individus et comme peuple. Il m'a fallu une seule conférence pour être un adepte pacifique de l'indépendance. J'avais 19 ans et tout m'apparaissait si évident que je me disais que dans deux ans cela serait chose faite.

À ce moment-là, la confédération canadienne ne comptait que 98 ans d'âge et m'apparaissait un mauvais pacte qui ne respectait pas un des peuples fondateurs, le Québec que l'on appelait le Canada français. À cette époque d'après-guerre, le Québec ne devait pas compter plus de 10 000 indépendantistes. Comme étudiant, lors des vacances d'été, je travaillais à Saguenay Power Cie, maintenant Forces motrices du Saguenay. Lors des pauses de travail avec l'équipe des opérateurs et des auxiliaires, je passais pour un extra-terrestre de parler d'indépendance. Ils croyaient que leurs jobs dépendaient du capital anglais seulement. Même si la centrale ne comptait que quelques anglophones, les employés devaient écrire les informations de leur travail en anglais.

À cette époque, l'âge de voter était de 21 ans. La première élection où je pouvais exercer mon droit de vote, c'était je crois à l'élection fédérale de 1962. Avec les convictions acquises depuis deux ans avec les lectures de revues et des livres de l'époque, j'ai annulé mon premier vote en écrivant en travers du bulletin "Vive l'indépendance du Québec". C'était bien avant la déclaration du Général De Gaule de 1967 que je trouvais qu'il ne se mêlait pas de ses affaires. Compte tenu du contexte, annuler mon vote pour le motif de l'indépendance, je trouvais mon geste audacieux. Je me considérais un rebelle dans le bon sens du mot et non un révolutionnaire. Je savais que toutes les révolutions avaient échoué. C'était par l'affirmation, le respect et la conviction que l'on pouvait y arriver.

Aujourd'hui avec un regard dans le rétroviseur, je me pose la question si l'indépendance politique du Québec est nécessaire. À l'intérieur de la fédération, dans les années soixante, l'équipe de Jean Lesage a fait de belles et grandes choses. L'élection de 1976, l'équipe de René Lévesque a passé des lois importantes pour le Québec. Pour ma part, j'ai toujours travaillé en français. Jamais au Québec j'ai eu le besoin de m'exprimer en anglais. La confiance en moi et en mon Créateur m'a permis de développer mon potentiel et d'être créatif. J'ai demandé la même chose aux personnes handicapées, autant dans l'enseignement, à Cedap et à CTA inc., de miser sur leur potentiel plutôt que sur leur handicap. Ils se sentaient valorisés.

Dernièrement, l'hommage rendu à M. Parizeau nous a permis de constater un grand nombre de réalisations extraordinaires faites par les Québécois pour les Québécois et cela, à l'intérieur de la fédération canadienne. Avec tous les moyens et toutes les connaissances que l'on a maintenant, on peut faire davantage. À mon opinion, l'heure est aux bilans pour le mouvement indépendatiste. L'indépendance politique du Québec, est-elle encore nécessaire? Y a-t-il d'autres avenues à explorer?

Martin Belley

Saint-Nazaire

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