Forêt, emplois et aires protégées

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Le Quotidien

Vous avez peut-être entendu parler que des représentants de notre coalition de groupes environnementaux étaient au Saguenay-Lac-Saint-Jean il y a un peu moins d'un mois.
En effet, après avoir travaillé sur un scénario de sortie de crise en foresterie, nous sommes venus en discuter avec plusieurs intervenants de la région (secteurs politique, syndical, autochtone, universitaire, etc.).
Nos propositions ont été bien accueillies. Cependant, nous n'avons pas eu la chance de les expliquer de façon claire au public, d'où l'objet de cette lettre ouverte.

Principales propositions de notre « plateforme Forêt »

La plateforme que nous avons lancée en mars dernier comprend deux volets: la création de deux grandes aires protégées en forêt boréale et des mesures précises pour atténuer à court terme l'impact sur l'emploi.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est la fameuse zone des « Montagnes-Blanches » qui retient toute l'attention. Il s'agit d'une zone très vaste à 300 kilomètres au nord de Saguenay, où l'on retrouve les dernières grandes forêts non exploitées de la région. À l'intérieur de cette grande zone, des secteurs prioritaires devraient être choisis et protégés en fonction des meilleures données disponibles sur le caribou, la forêt et les usages autochtones.

Répercussion sur l'emploi en foresterie

Nous comprenons parfaitement que la population s'inquiète des conséquences de la création d'aires protégées pour l'emploi. Nous-mêmes, signataires de la plateforme, sommes tous originaires d'une région forestière. Nous avons des amis et des proches qui vivent de la forêt, et nous souhaitons justement que cela perdure pour les générations à venir. C'est pourquoi nous recommandons d'entamer une transition vers une foresterie plus diversifiée et axée sur les filières d'avenir.

Aussi, lorsque nous avons lu tout comme vous que si une aire protégée était créée dans les Montagnes-Blanches, il y aurait « 3000 emplois dans la balance », l'argument nous a véritablement ébranlés.

C'est précisément pour éviter d'en arriver là que, dans notre plateforme, nous proposons des mesures pour limiter l'impact sur la possibilité forestière, par exemple l'utilisation de volumes non récoltés dans le passé, la modification des limites des unités d'aménagement ou une redistribution de certains volumes.

La question des aires protégées reste donc pour nous une discussion ouverte et c'était d'ailleurs le but de nos rencontres avec les intervenants de la région. À ce stade, on peut difficilement évaluer les impacts puisque plusieurs paramètres concernant les territoires à protéger sont encore à déterminer (superficie, proportion en forêt commerciale, rendement forestier, etc.).

Recréer un espace de discussion sur les aires protégées

Les aires protégées doivent faire partie d'une vision d'ensemble pour le développement régional. Elles contribuent évidemment au maintien de la diversité biologique, mais on oublie trop souvent qu'elles apportent aussi des retombées pour les communautés (accès à des milieux naturels, protection des paysages, diversification économique avec l'écotourisme, etc.)

Suite à la disparition de la Conférence régionale des Élus (CRÉ), qui travaillait sur la question des aires protégées, il est essentiel selon nous que le gouvernement recrée un espace pour discuter des aires protégées au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où tous les intervenants concernés seront présents, dont les groupes environnementaux.

Nous croyons aussi qu'il est impératif que Produits forestiers Résolu s'engage à retrouver sa certification FSC. À l'heure actuelle, il n'y a toujours pas eu d'engagement de la part de l'entreprise en ce sens, alors que cette norme, reconnue à l'échelle internationale, est déterminante pour l'accès aux marchés.

Sortir de la polarisation « emplois contre caribou » n'est pas chose aisée, surtout que défendre une position « raisonnable » dans ce débat n'est pas le plus vendeur! Cependant nous croyons que les citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean y trouveront leur compte, car elle garantit une véritable sortie de crise. Serez-vous avec nous pour défendre cette position?

Pier-Olivier Boudreault, SNAP Québec

Sébastien Caron, Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement

Philippe Dumont, Boréalisation

Christian Simard, Nature Québec

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