Attention à la stigmatisation!

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Le dernier rapport de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) établissant que l'obésité gonfle le coût annuel des soins de santé d'au moins 1,5 G$ a suscité dans les médias sociaux des commentaires fort cruels à l'égard des personnes obèses.

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Le Quotidien

Le dernier rapport de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) établissant que l'obésité gonfle le coût annuel des soins de santé d'au moins 1,5 G$ a suscité dans les médias sociaux des commentaires fort cruels à l'égard des personnes obèses.

À titre de présidente de l'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), je le regrette amèrement et ne peux y adhérer. J'estime que de verser dans la stigmatisation et de culpabiliser les Québécois souffrant d'obésité, dont on ignore souvent les conditions personnelles de vie, n'est pas l'avenue à emprunter.

Il faut instaurer, au plan collectif, une approche non pas centrée sur la perte de poids, mais plutôt sur la mise en oeuvre d'environnements favorables à la santé pour toutes les tailles. Il faut mettre en place des mesures efficaces de protection et de prévention susceptibles d'avoir un impact important sur la santé et le bien-être de la population, à moyen et à long terme.

Actuellement, il existe de nombreuses pistes pour maintenir et améliorer la santé de la population ainsi que pour prévenir la maladie. Certaines sont déjà en place, d'autres n'attendent qu'une vague de mobilisation de la population.

Il faut que la société civile, les organismes publics et privés et les instances régissant le développement des politiques et programmes travaillent de concert pour entreprendre des interventions prometteuses.

La disponibilité et l'accès à des aliments sains, la pratique d'activités physiques dans tous les milieux de vie, le développement du transport collectif, la présence de commerces de proximité et l'aménagement urbain pour le transport actif sont quelques exemples d'interventions concrètes.

Ainsi, les utilisateurs du transport collectif contribuent à réduire les émanations de gaz à effets de serre, les embouteillages, la pollution de l'air et du bruit, en plus d'augmenter leurs niveaux d'activité physique et de favoriser les interactions sociales. L'augmentation du nombre d'adeptes de déplacements actifs (marche, vélo, autobus, métro, train) est de nature à forcer la main des décideurs pour repenser l'aménagement urbain par la mise en place de passages sécuritaires, de voies cyclables, de trottoirs et de parcs aménagés afin de favoriser l'implantation de commerces et de services de proximité. Ces interventions visent donc la mise en place d'environnements favorables à la santé pour les personnes de toutes les tailles sans pour autant les stigmatiser.

Mon propos se veut une tentative de canaliser les énergies bien présentes sur les médias sociaux vers une amélioration des conditions de vie pour tous les individus, et ce, peu importe leur taille.

Lilianne Bertrand

Présidente

Association pour la santé publique du Québec

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