La question des bidonvilles

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Le Quotidien

Au cours du dernier siècle, le phénomène de l'immigration a pris beaucoup d'ampleur dans le monde, plus particulièrement dans les pays en développement. Certains d'entre eux accueillent plusieurs milliers d'immigrants chaque année, dont la plupart se dirigent vers les grandes villes. Face à ces arrivées massives, ces villes ne parviennent pas à développer suffisamment de logements et on voit ainsi apparaître des bidonvilles autour d'elles. Leur présence entraîne plusieurs problèmes notamment au niveau social et économique. C'est pourquoi, certains pays pensent à détruire ces villes improvisées et désorganisées. Cependant, on se questionne à savoir si leur destruction est la solution. À notre avis, ce serait au contraire très néfaste.

Tout d'abord, la dissolution des bidonvilles amène également sa part de problèmes, particulièrement au niveau des logements. En effet, les bidonvilles ont leur propre société intérieure avec que certaine structure sociale et les habitants y ont leur emploi, leur famille et leurs amis. Malgré l'insalubrité des lieux, la majorité d'entre eux préfèrent y rester. En détruisant cet endroit contre leur volonté, on brime leur liberté et nous nous attaquons à leurs droits. De plus, lorsqu'ils sont relocalisés dans des logements sociaux plus convenables, ceux-ci ne sont pas adaptés à leur réalité. Ils sont par exemple éloignés de leur ancien lieu de travail. Selon les affirmations des organisations non gouvernementales (ONG) dans un article publié sur «Mes Débats», il ne faut pas oublier que «si les évacuations de camps se sont depuis multipliés, les recherches de solutions de relogement ne suivent pas.» Par conséquent, la majorité de la population provenant des bidonvilles n'a nullement part où aller et c'est un cycle qui recommence.

Par la suite, en observant le fait que la destruction ne règle pas le problème, nous arrivons à la constatation que c'est plutôt d'autres solutions dont nous aurions besoin. Effectivement, nous pouvons prendre l'exemple des mini-bidonvilles de France. Dans ce pays, les autorités évacuent régulièrement ces campements, mais cela ne résout en rien le problème puisque, quelque temps plus tard, on retrouve les mêmes familles installées sur les terrains à proximité. Par ailleurs, l'essai de d'autres solutions a déjà fonctionné, notamment au Brésil où, en vue des prochains Jeux olympiques de Rio, on a mis en place un programme de pacification des bidonvilles. Selon une étude réalisée par le sociologue Ignacio Cano, ces mesures ont amené plusieurs résultats positifs. Entre autres, le nombre de morts violentes à l'intérieur de ces regroupements a diminué de 70% et le nombre de décès dû à des interventions policières frise le zéro. De plus, la destruction des bidonvilles nécessite des capitaux importants. Cependant, en y réfléchissant davantage, investir cet argent dans des infrastructures serait plus judicieux et n'entrainerait aucun problème.

En conclusion, devant toutes les solutions possibles pour améliorer les conditions dans les bidonvilles, comme la pacification, il n'y a pas de raisons d'aller créer de nouveau problèmes, comme des logements non-adaptés, en les détruisant. Pour nous, il est sans équivoque que la destruction de bidonvilles n'est pas bénéfique. Il est temps d'arrêter de se cacher derrière nos centres d'achat et nos jolies vitrines de magasins pour oublier la vraie pauvreté de notre monde. Nous devons plutôt travailler à la faire disparaître.

Aurélie Blackburn (16 ans)

Valérie Tremblay (17 ans)

École Charles-Gravel

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