La forêt privée oubliée

La forêt privée du Saguenay-Lac-Saint-Jean est la grande... ((Archives))

Agrandir

La forêt privée du Saguenay-Lac-Saint-Jean est la grande oubliée du débat forestier régional. Elle compte pourtant 6000 propriétaires et 230 000 dans l'ensemble du Québec.

(Archives)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Quotidien

La forêt privée du Saguenay-Lac-Saint-Jean est la grande oubliée du débat forestier régional. Elle compte pourtant 6000 propriétaires et 230 000 dans l'ensemble du Québec.

Ces dernières années, le programme de mise en valeur des forêts privées représentait un investissement régional annuel de 3 M$. On a déjà évalué qu'on pouvait multiplier ce montant par 2,9 pour en chiffrer les retombées locales. À cela s'ajoutent 300 000 mètres cubes de bois provenant de 2000 producteurs de bois actifs dans la région. Une production accessible, à proximité des usines qui a le grand mérite de maintenir l'emploi dans les collectivités rurales et de permettre à la main-d'oeuvre de travailler près de chez elle.

Ces forêts privées ont fait vivre plusieurs générations d'hommes et de femmes et leur conservation relève d'une richesse patrimoniale ignorée. Et sans compter l'immense réservoir de petites histoires qu'elle contient et qui tissent la trame d'un développement encore relativement jeune. Pourtant, le débat sur l'avenir de notre foresterie donne l'impression que toute la forêt régionale se résume à celle de Résolu qui ne rate pas une occasion d'imputer aux écologistes et autres «alerteurs» la source de ses malheurs et surtout la baisse de ses profits. Bien sûr, la forêt publique occupe toute la place à cause de sa dimension. Mais en plus de deux ans de palabres, on a éludé l'importance de la forêt privée dont on a réduit, en silence, les investissements dans le programme de mise en valeur. Le professeur Luc Bouthilier, de l'Université Laval, a été le seul expert à souligner l'apport majeur de la forêt privée dans l'économie forestière régionale.

À la veille du Sommet économique régional, l'occasion serait belle de montrer à tous les Greenpeace de la Terre que nous sommes fiers de toute la forêt régionale, pas seulement celle de Résolu. D'avancer aussi que l'aménagement durable a entraîné des travaux de sylviculture dans des centaines de forêts privées qui composent le paysage rural, un paysage qui constitue une signature non négligeable de notre image touristique.

L'occasion serait belle aussi d'aménager nos forêts urbaines de manière à les rendre accessibles, de les embellir, de les rendre sécuritaires pour en faire profiter les résidants qui se trouvent à proximité et pourquoi pas les touristes de passage. La ville de New-York a investi des milliards de dollars en la matière et on estime que les retombées économiques annuelles approchent les 210$ par arbre en raison de l'amélioration de la qualité de l'air, la réduction du nombre d'hospitalisations, notamment celles reliées aux cas d'asthme, et la captation des gaz à effet de serre.

L'occasion est belle d'élargir notre vision forestière et de se sortir de l'ornière dans laquelle patauge le débat forestier. Élargir de manière à inclure la forêt privée, la grande oubliée et la forêt urbaine, la grande négligée. On a démonisé les caribous forestiers, on a suspecté les autochtones, on a crucifié les écologistes. Et si on affirmait solonnellement notre fierté de toute la forêt, celle qui nous habite et celle que nous habitons. Pas seulement cette forêt qui donne du «2X4».

Rosaire Gagnon

Saint-Ambroise

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer