Saguenay: se comparer

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(Récemment), Saguenay a mobilisé la radio, la télévision et les journaux pour se vanter d'être la ville avec la plus basse charge fiscale et en affirmant que, par conséquent, les citoyens paient moins de taxes qu'ailleurs.

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Le Quotidien

(Récemment), Saguenay a mobilisé la radio, la télévision et les journaux pour se vanter d'être la ville avec la plus basse charge fiscale et en affirmant que, par conséquent, les citoyens paient moins de taxes qu'ailleurs. L'administration Tremblay se base sur un indice publié par le ministère des Affaires municipales, soit la charge fiscale moyenne des résidences (incluant les condominiums) dont la valeur est de 2354$ alors que la moyenne est de 2951$ pour les dix villes de 100 000 habitants et plus du Québec, d'où un écart favorable pour Saguenay de 597$.

Le ministère publie par contre dans le même rapport un autre indice, soit la charge fiscale moyenne des logements, qui est de 1634$ pour Saguenay et de 1924$ pour la moyenne des dix villes. Saguenay est encore avantagée de 290$ mais c'est Sherbrooke qui passe en tête avec 1607$.

À la séance du conseil municipal du 3 novembre dernier, j'ai souligné ce fait au maire qui a répondu: «je tiens à vous dire que c'est complètement faux ce que vous dites, vous comprenez pas pantoute, c'est les comptables qui font ça!»

Pour en avoir le coeur net, un avis a été demandé au ministère à savoir lequel des deux indices est le plus représentatif. La réponse du ministère reçue le 13 mars confirme que la charge fiscale moyenne des logements «représente les logements de la majorité des résidents». Un point de réglé.

Ce que le maire ne veut pas comprendre, c'est que cet indice démontre seulement que Saguenay retire moins de revenus provenant des taxes et tarifs chargés aux résidents que d'autres villes. Cet indice ne peut absolument pas servir pour comparer les comptes de taxes entre deux propriétaires possédant une maison comparable à Saguenay et à Sherbrooke, par exemple. Voici trois situations qui démontrent à mon avis que les citoyens ne sont pas aussi favorisés que le prétend le maire.

De 2003 à 2013, il s'est construit 8778 logements de plus à Sherbrooke qu'à Saguenay. Tout à fait logique puisque la population de Sherbrooke a augmenté de 19 511 habitants, alors que celle de Saguenay a diminué de 4050 habitants ce qui est unique parmi les dix villes. Il est évident que ces logements neufs additionnels ont une évaluation municipale supérieure aux autres logements âgés en moyenne de plus de 30 ans. Un calcul nous permet d'estimer l'impact des nouveaux logements à plus de 10% de la charge fiscale. Donc, pour un logement moyen, ce seul facteur représente une différence de 167$, ce qui déclasse Saguenay par rapport à Sherbrooke. Les revenus provenant des taxes sur l'eau, l'égout et les matières résiduelles sont inclus dans la charge fiscale et sont répartis par le MAMOT sur l'ensemble des logements et aussi sur les immeubles commerciaux, industriels et agricoles. Or, Rio Tinto Alcan possède ses propres services et, par conséquent, ne paie que quelques milliers de dollars pour une évaluation municipale de plus de 425 M$. Cette dilution baisse la moyenne des frais de services par logement. On devrait aussi tenir compte des résidents de Laterrière et de Lac-Kénogami qui n'ont pas les services d'égout. Ces situations ne se rencontrent pas à Sherbrooke. En cinq ans, de 2009 à 2013, Saguenay a accumulé plus de 71 M$ de déficit d'opération, soit 62 M$ de plus qu'à Sherbrooke, selon le Rapports financiers, page S8, ligne 3, en se prévalant d'avantages fiscaux autorisés par le ministère mais qui ne peuvent perdurer. Pour rembourser cette dette, supposons que la Ville prend cinq ans. Elle devra augmenter la taxe foncière générale de 0,11$, ce qui représente une taxe additionnelle de 154$ par année. Nous n'avons pas encore abordé le report des investissements pour le renouvellement des infrastructures qui est de plus de 45 M$ par rapport à des villes comparables telles Sherbrooke, Lévis ou Trois-Rivières, le retard de Saguenay en matière de transport en commun, de logements sociaux et de conformité de ses équipements et bâtiments en matière d'émissions des gaz à effets de serre. Il n'y donc a rien pour se «péter les bretelles» !

Jacques Pelletier

Chicoutimi

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