Cégep: un début...

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Le Quotidien

Pour que les quatre directions de cégep de la région fassent, en conférence de presse, l'unanimité devant les caméras pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement Couillard, il faut que la cour déborde. Normalement, ce sont les syndicats qui prennent l'initiative de sonner l'alarme avant que le pire ne survienne. Mais quand on est rendu à annoncer des coupes dans le ménage pour pouvoir sauver des élèves du décrochage, l'heure est grave. Baisse de la clientèle étudiante en même temps que les compressions budgétaires du ministre des Finances, c'est la catastrophe. Finies les marges de manoeuvre, le bout du rouleau est atteint, avancent les directions de collège. Et le nouveau ministre de l'Éducation de prétendre, de son bord, qu'il y a encore du gras à couper.

Vous avez trop attendu, directrices et directeurs. Cela faisait longtemps que les syndicats et les organisations étudiantes vous prévenaient pour que vous cessiez de regarder ailleurs. Depuis 2011, les quatre cégeps se sont vus relaxés de 10 M$, sans compter les manques à gagner infligés auparavant. En 2015, Québec coupe 3 M$ supplémentaires pour faire bonne mesure.

C'est clair comme de l'eau de roche que les tenants de l'idéologie néolibérale qui mènent à Québec, prennent les moyens pour forcer la privatisation des services. L'enseignement collégial est dans sa mire. Ce qui vaut pour la santé vaut aussi pour l'éducation. Avant la grande déchirure, il y aura de nouvelles coupures dans des services aussi essentiels que l'entretien ménager, la psychologie, l'aide de dernier recours; il y aura d'autres coupures de postes, des partages de services, des fermetures de programmes. Et l'on trouvera bien le moyen de fusionner des collèges, ou pire d'en fermer. Ça n'arrivera tout d'un coup. Non, ça va se faire subtilement, jusqu'à ce que la logique de la privatisation s'impose d'elle-même.

Une bonne note quand même pour les directions de cégep, qui, même si c'est un peu tard, font preuve de clairvoyance en alertant la population au sujet des effets cumulatifs sur le tissu socio-économiques des coupes successives du gouvernement. Seulement qu'en terme de retombées directes et indirectes, ce sont des millions injectés dans l'économie régionale qui sont remis en cause. Une leçon que devraient tirer certains élus de la région qui ont refusé de s'associer au mouvement «Touche pas à ma région», contre les mesures d'austérité, de peur de froisser la sensibilité du député de Roberval et premier ministre du Québec.

Blandine Lapointe-Brassard

Jonquière

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