Rigueur ou austérité?

Le ministre des Finances, Carlos Leitao.... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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Le ministre des Finances, Carlos Leitao.

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Le Quotidien

À l'approche du dépôt du budget par le gouvernement du Québec, la dissonance des discours économiques a de quoi étourdir. On parle à droite de rigueur budgétaire et à gauche d'austérité.

Qui dit vrai? Nous croyons que nous pourrions parler de rigueur seulement si l'effort de réajustement économique était réalisé par ceux et celles qui en ont réellement les moyens et dont les profits continuent de grimper. Or, cet effort est imposé à ceux et celles qui en ont le moins dans les poches. On parle donc d'austérité. La situation économique internationale exerce une forte pression sur les gouvernements. D'un côté, il y a les banques, les multinationales et les plus riches qui réclament une augmentation de leurs bénéfices pour tirer leur épingle du jeu. De l'autre, il y a les masses de travailleurs de sans-emploi qui, dépourvus de contacts directs avec les gouvernements, écopent de la plupart des coupures. Les tarifs d'électricité, les frais de garderie, les soins de santé, les écoles, l'assistance sociale seront touchés et ce sont les mêmes catégories de revenu qui écoperont! Le fossé entre les riches et les pauvres s'élargit. Nous assistons au démantèlement de milliers d'emplois et au développement d'un marché de la précarité; un marché du travail «sous-normé» qui maintient les gens dans la pauvreté. Est-ce ce dont on parle quand les gouvernements qui se succèdent nous disent «agir pour le bien des générations futures» au Québec? Il semble que les régions périphériques seront les plus touchées par cette vague. Pendant ce temps, le gouvernement actuel fait pourtant des choix profitables pour une catégorie de la population: les plus riches. Est-il normal qu'en 2013-2014, sur la contribution totale de revenus autonomes du Québec, 86% était versée par des particuliers et seulement 14% par des entreprises? Les baisses d'impôts et les conditions fiscales de plus en plus avantageuses accordées aux entreprises n'ont en rien stimulé l'économie et l'emploi: nous sommes en décroissance économique avec un taux de chômage qui augmente. Est-il normal que des multinationales de la région paient moins cher l'électricité qu'elles achètent que le citoyen moyen?

Samuel Lamarre

Agent de développement

Mouvement d'éducation populaire et d'action communautaire Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau-Chapais

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