L'austérité fait mal!

Le premier ministre Philippe Couillard... (Photo Jeannot Lévesque, Le Quotidien)

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Le premier ministre Philippe Couillard

Photo Jeannot Lévesque, Le Quotidien

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Le Quotidien

M. le premier ministre Couillard,
Je vous écris cette lettre ouverte pour vous faire part de mon ras-le-bol. Au début de votre mandat, j'avais confiance. Je me disais: «voilà un homme qui comprend les besoins du peuple, des gagne-petit». Cette confiance s'est émoussée. Pourquoi?

J'ai 63 ans et les mesures d'austérité de votre gouvernement m'affectent dans mon maigre budget. Il en est de même pour bien des familles au Québec. Mes déceptions sont nombreuses. Jusqu'à l'an dernier, je pouvais fractionner mon revenu de retraite afin de réduire l'impôt à payer. Cette mesure est abolie tant qu'on n'a pas 65 ans; elle touche donc bien des familles à faible revenu. Vous proposez de réduire les impôts mais en augmentant la TVQ pour combler le manque à gagner; le principe semble valable. On pourrait croire que, à cause de mon âge, j'achèterai moins car j'ai tout ce dont j'ai besoin. Mais, M. Couillard, en plus de taxer la taxe fédérale, cette TVQ est appliquée sur des produits qui sont essentiels à nous, les aînés tout comme aux personnes à faible revenu: vêtements, essence et surtout, électricité.

Que voilà une cause majeure de frustration! Notre chère (lire dispendieuse) société d'État va augmenter ses tarifs de 2,9%. En passant, l'augmentation de ma pension pour 2015 est de 1,7%! Pourquoi une telle augmentation alors que les profits d'Hydro-Québec sont de 3,8 G$ ? Où va tout cet argent? Pour payer des éoliennes aussi laides qu'inutiles? Pour payer des compteurs intelligents dont les données seront traitées hors Québec? Suis-je bête: c'est sans doute pour payer des salaires faramineux et des primes de départ pour récompenser ceux qui ont mis en place de telles inepties avant de s'éclipser...

Et puis, il y a les changements en santé et en éducation. Plus nous avançons en âge et plus ces soins sont vitaux. Vous devriez le comprendre, M. Couillard: n'êtes-vous pas médecin? Les mesures de votre gouvernement visent les mauvaises couches de la société. En coupant dans le réseau de la santé, elles privent les aînés de ce pour quoi nous avons payé toute notre vie et en coupant dans l'éducation, elles hypothèquent les générations à venir. Ce n'est pas un problème pour les mieux nantis car ils ont les moyens de payer pour des soins et pour des collèges privés. Ce n'est pas le cas de la majorité de la population.

Il y a cependant un bon point dans votre gestion: abolir la prime de départ pour les élus. Le montant perçu par un ministre après neuf mois est égal à la somme de ma pension et de ma rente annuelles après plus de cinq ans! En plus, un travail l'attend généralement à son départ. Je trouve cela obscène.

M. le premier ministre, vous vous fichez peut-être de cette petite voix qui s'élève pour exprimer ses états d'âme. Mais cette petite voix mécontente, alliée à des milliers, pourrait faire toute la différence le jour du scrutin.

Camil Bouchard

Saint-David-de-Falardeau

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