La paix sociale

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Le Quotidien

Personne ne renonce à ses privilèges sans opposer de résistance. Ce principe s'applique aussi aux organismes dont le but est de maintenir un statu quo qui leur convient ou encore de maximiser les privilèges de leurs membres ou de leurs actionnaires.

Dans ce rapport de force qui opposent ceux qui jouissent des plus grands bénéfices et ceux qui survivent comment ils peuvent, et qui dérangent, forcément, car ce sont eux qui souffrent et sont perdants dans la distribution des revenus et des avantages sociaux, il revient à nos gouvernants d'oeuvrer au maintien de la paix sociale. La paix sociale, nous rappelle le pape François, «ne peut se concevoir comme une pure absence de violence obtenue par l'imposition d'un secteur sur les autres ni par une absence de conflits qui serait le fruit d'un équilibre toujours précaire des forces. Elle s'obtient par une négociation où chaque partie a la possibilité de dire ses contraintes et revendications et où les deux recherchent le juste milieu entre leurs intérêts et le bien de tous. Le malheur est que dans cette recherche de compromis, sont oubliées les personnes prises dans la lutte pour leur survie, qui n'ont ni le temps ni l'énergie pour réclamer leur part du gâteau.

Il faut rappeler ces vérités en ces temps de nécessaire austérité, qui ne peut que faire naître des tensions. Les rappeler d'abord à ces bien nantis qui nous gouvernent et qui, convaincus de posséder la vérité concernant notre avenir commun, l'imposent sans tenir compte des autres vérités. Les rappeler aussi à ceux qui sont tentés de voir comme des troubles fête ou des briseurs de paix sociale, les regroupements dérangeants mais non violents, de personnes qui, ayant épuisé les autres moyens pour faire valoir leur point de vue, n'ont que leurs cris dans la rue pour établir un rapport de force et se faire entendre.

Il est erroné d'affirmer que la démocratie ne s'exerce qu'au moment de voter, comme le claironnent les élus pour qui toute opposition est un «empêcheur» de tourner en rond, qu'il faut ridiculiser ou faire taire. Elle doit se faire entendre tout au long de la durée des mandats donnés. Être élu donne le droit et le devoir de gouverner, pas de faire n'importe quoi, encore moins de renier les orientations annoncées pour se faire élire.

Dans ces temps de tensions sociales que vit le Québec, il est bon de méditer cette pensée du pape: «une paix sociale qui n'est pas le fruit du développement intégral de tous n'aura pas d'avenir et sera toujours semence de nouveaux conflits et de diverses formes de violence. Si cette semence ne germe pas dans l'immédiat, elle croîtra dans l'ombre et deviendra plus menaçante, car on ne sait quand elle éclatera au grand jour.»

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau

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