Un écart?

Jacques Pelletier... ((Archives Le Quotidien))

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Jacques Pelletier

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Le Quotidien

L'administration Tremblay proclame que les citoyens de Saguenay paient le moins cher de taxes pour les villes de 100 000 habitants et plus. Elle se base sur un des indices publiés dans le «Profil financier du ministère des Affaires municipales», soit la «charge fiscale moyenne des résidences d'un logement incluant les condominiums».

La valeur, en 2014, est de 2951$ pour les 10 villes dont la population est de plus de 100 000 habitants alors que Saguenay affiche une charge fiscale de 2354$, soit 597$ de moins. Notons que cet écart était de 1021$ en 2004. Si on se fie à cet indice Saguenay est nettement avantagée. Est-ce vraiment le cas? Le ministère publie, tout juste en dessous de la ligne utilisée par Jean Tremblay, un autre indice qui est «la charge fiscale moyenne pour les logements», tels que les résidences unifamiliales, les condominiums et les logements faisant partie d'immeubles à logements». Cet indice est de 1924$ pour l'ensemble des 10 villes, de 1634$ pour Saguenay et de 1607$ pour Sherbrooke. Question au maire: pourquoi utilisez-vous un indice qui ne représente qu'une partie des logements, soit les résidences unifamiliales? De surcroît, on ne tient pas compte de certains facteurs qui influencent la charge fiscale moyenne. Tenons-nous seulement à celui de l'âge moyen des maisons. Il s'est bâti depuis la fusion de 2002 8778 unités de logements dont 2993 maisons résidentielles de plus à Sherbrooke qu'à Saguenay. La population de Sherbrooke a augmenté de 19 511 habitants alors que celle de Saguenay a diminué de 4050. Ces constructions ont un impact sur l'âge moyen des unités de logements. Une maison neuve équivalente a certainement plus de valeur qu'une maison âgée. Si on compare l'évaluation municipale d'une propriété plus âgée sans tenir compte de la valeur du terrain à l'évaluation d'un assureur habitation pour une valeur à neuf, on constate un écart. Ces chiffres démontrent bien que Saguenay n'est ni plus ni moins équivalente en terme de charge fiscale moyenne à Sherbrooke de même qu'à Montréal et Longueuil si on considère l'ensemble des logements. Saguenay a une évaluation industrielle et commerciale imposable de 2,3 G$ que nous imposons à 1$ de plus du 100$ que Sherbrooke dont l'évaluation est similaire à 2,5 G$, ce qui nous apporte des revenus supplémentaires de 22 M$. À quoi ces revenus additionnels sont-ils utilisés? La majorité des postes budgétaires à Saguenay se compare aux autres villes similaires sauf en ce qui concerne deux postes où ce surplus se retrouve d'une part, dans Promotion Saguenay et d'autre part pour payer les frais financiers des dettes sur les investissements et des déficits actuariels des fonds de pension.

Nous devons nous questionner sur les résultats que Promotion Saguenay a pu avoir depuis sa fondation et qui nous a coûté plus de 70 M$. Questionnons-nous aussi sur les résultats en terme de développement économique des investissements de plus de 200 M$ pour des projets tels que le quai d'escale, les bureaux touristiques, l'aéroport de Bagotville, la desserte ferroviaire et l'amélioration des centres-villes tout en investissant très peu dans le renouvellement des infrastructures municipales.

L'Institut de la statistique du Québec prévoit une légère augmentation de la population de Saguenay d'ici 2036. Ce qui est encore plus grave c'est que le nombre d'habitants en âge de travailler diminuera de plus de 15 000 personnes et la proportion de personnes âgées passant de 17% à 30%. Les besoins de logements adaptés croîtront alors que ceux pour le résidentiel diminueront. Ceci pourrait avoir comme conséquence de faire baisser le prix de vente des maisons unifamiliales et par conséquent l'évaluation municipale. L'administration municipale devrait focaliser toutes ses énergies à prioriser la venue de nouvelles entreprises manufacturières, ou le développement de celles déjà en opération qui sont les plus créatrices d'emplois.

Jacques Pelletier

Chicoutimi

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