Soutenir les régions

Guy Larouche.... ((Archives Le Quotidien))

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Guy Larouche.

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Le Quotidien

L'épisode du paragraphe malheureux tiré d'un mémoire du Conseil du patronat du Québec (CPQ) en lien avec l'étude de la prochaine Stratégie de développement durable du gouvernement a eu le mérite de jeter une lumière crue sur une problématique qui passe trop souvent sous le radar.

Ce paragraphe recommandait au gouvernement de réallouer «une partie des budgets actuellement consacrés au maintien des municipalités dévitalisées vers des mesures facilitant le transfert des ménages qui y habitent». Plusieurs en régions y ont vu un retour des mesures planificatrices des années 60 (fermeture de villages), voire la fermeture de régions complètes... Le CPQ s'est heureusement amendé dans une version remaniée de son mémoire mais l'erreur dissimulait une profonde méconnaissance du Québec d'aujourd'hui. Car, contrairement à ceux qui pensent encore que le Québec, c'est une urbanité réduite à deux villes, Montréal et Québec, complétée par un immense territoire rural, la hiérarchie urbaine est bien développée et elle repose sur des dizaines de «vraies» villes qui fournissent tous les services de type urbain à des zones rurales ou d'exploitation minière et/ou forestière. Et nos villes ont toutes les caractéristiques des grandes villes.

Les régions du Québec ne se réduisent donc pas à la «ruralité», malgré l'importance de cette réalité. Le socle de régions actives et bien portantes, ce sont ces petits et moyens centres urbains qui s'y sont développés, avec tous les services et activités nécessaires, et qui sont gravement mis en danger par les mouvements récents de contraction des services publics. Le gouvernement fédéral y participe lorsqu'il remet en question la présence de points de service, bien sûr. Mais c'est essentiellement Québec qui joue un rôle dans ce mouvement de retrait, lorsqu'il «joue» lui aussi avec la présence et le niveau de ses services (la fermeture des bureaux régionaux du ministère de l'Éducation), mais également lorsqu'il change les limites des réseaux qu'il contrôle: fusions des commissions scolaires ou d'établissements en santé et services sociaux etc.

Le gouvernement du Québec doit comprendre que ses récentes actions, qu'il veut «structurantes» en régions, et qui commencent à être dénoncées par un peu tout le monde, remettent en question des équilibres patiemment construits et qui seront difficiles et coûteux à reconstruire. La disparition de postes décisionnels dans nos villes diminue d'autant notre capacité à adapter les services à nos réalités, en plus de nous appauvrir. Un poste de direction aboli à Roberval, Amqui, Coaticook ou Montmagny correspond à une saignée de 100 postes équivalents à Montréal...

L'urgence budgétaire, menée tambour battant par le Conseil du trésor, ne saurait tout justifier. Elle est notamment mauvaise conseillère pour poser des gestes qui engendreront des conséquences durables sur les milieux de vie de millions de Québécois qui ne vivent ni à Montréal, ni à Québec. Tout en assurant l'équilibre d'un budget gouvernemental de près de 100 G$ par année, nous croyons qu'il y a des moyens pour soutenir efficacement le dynamisme économique et la création d'emplois de qualité en régions. Le gouvernement doit maintenant prendre le temps d'écouter les acteurs régionaux et agir concrètement à la faveur du développement de toutes les régions.

Guy Larouche

Maire de Roberval

Président, caucus des municipalités de centralité de l'UMQ

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