Élus et politique...

Denis Trottier... ((Archives Le Quotidien))

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Denis Trottier

(Archives Le Quotidien)

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Le Quotidien

Au cours des derniers mois, je me suis tenu en retrait de la politique, mais il y a des limites pour un citoyen engagé à demeurer silencieux!

Cette limite a été dépassée par la récente décision de la CRÉ qui a décidé de ne pas joindre la Coalition «Touche pas à mes régions!». Je concède que le nom aurait pu être mieux choisi, mais ce ne peut être un prétexte pour ne pas adhérer à une Coalition qui prône une solidarité dont nous avons grandement besoin. Au moment où le Conseil du patronat a suggéré la semaine dernière de couper le soutien aux communautés défavorisées pour les transférer aux plus nanties, proposition dont avait déjà fait sienne la présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, il y a quelque temps; au moment, où l'on constate que dans la MRC Maria-Chapdelaine, il y a eu une baisse des naissances de 25% dans les dix dernières années; au moment où l'on a coupé substantiellement les budgets voués au soutien du développement économique et aux municipalités; au moment où l'on nous annonce des fermetures de commerces: nos élus disent non merci nous n'avons pas besoin de la solidarité entre les régions...

Pire encore, des élus politiques qui se disent apolitiques, c'est bien inquiétant, surtout lorsque leur apolitisme est à géométrie variable, alors que certains d'entre eux n'ont pas hésité à appuyer Denis Lebel, ministre fédéral conservateur à Ottawa. Cela ne tient pas la route. Le mouvement «Touche pas à mes régions!» est politique, mais non partisan. Le fait de ne pas en faire partie est en soi un geste politique: celui d'entretenir ses relations avec le pouvoir. Ce qu'on doit s'attendre de nos élus régionaux, ce n'est pas qu'ils appuient un parti ou un autre, mais bien qu'ils prennent à bras-le-corps la défense des régions et plus particulièrement de la nôtre. Avant d'être péquiste, libéral ou caquiste, il faut d'abord et avant tout être régionaliste lorsque l'on siège à une CRÉ. À tout prendre, je préfère ceux qui font de la politique, comme l'on fait l'ensemble des élus des autres régions, en défendant leur territoire. Si un grand nombre de personnalités québécoises, dont deux anciens ministres des ressources naturelles du gouvernement libéral, Nathalie Normandeau et Pierre Corbeil, actuellement maire de Val-d'Or, ont joint la coalition, c'est qu'il y a péril en la demeure.

Peut-on se présenter comme des leaders lorsque l'on dit à nos concitoyens et concitoyennes: «nous autres on n'embarque pas, mais si ça vous tente, allez-y»? Des leaders ça se tient en avant des troupes. J'ai rarement vu une société grandir et se développer lorsqu'elle était menée par des chefs qui se tiennent en arrière.

Denis Trottier

Ex-député, Péribonka

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