Réfléchir à l'éducation

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Quotidien

Lors de la dernière campagne électorale, en mars 2014, pour l'Éducation, l'engagement du Parti libéral du Québec se résumait à réduire pour investir. Quelques mois après ces élections, Yves Bolduc, nouveau ministre affirmait: «Je suis décentralisateur».

Pourtant, on semble avoir oublié que, pour faire suite aux États généraux sur l'éducation de 1995-96, une des sept orientations proposées donnait «plus d'autonomie à l'école» et elle fut concrétisée par l'adoption de la Loi 180 en mettant en place à compter de 1998 un processus qui a doté les établissements scolaires de pouvoirs décisionnels importants en instituant le conseil d'établissement avec pour tâche principale, l'élaboration d'un projet éducatif local à l'intérieur de la priorité collective de réussite éducative.

En mai 2014, le rapport du comité d'experts sur le financement, l'administration, la gestion et la gouvernance des commissions scolaires nous a rappelé que, en 2008, le gouvernement a choisi d'accentuer son contrôle des commissions scolaires en définissant une ligne de gouvernance du haut vers le bas (convention de partenariat et convention de gestion et de réussite éducative). Ce faisant, il a inversé l'ordre retenu à la suite des États généraux sur l'éducation, qui faisaient de l'école le pivot du système.

En décembre dernier, le Conseil supérieur de l'éducation mentionnait que l'exercice des nouveaux pouvoirs et responsabilités ne sont pas encore réunies: «...culture de partenariat absente, décentralisation trop partielle des responsabilités entre le MELS, la commission scolaire et l'école, organisation du travail trop rigide, encadrements de système nombreux et peu flexible.»

Dans ce contexte, est-il pertinent d'introduire d'ici quelques semaines un nouveau projet de loi en éducation? Ne va-t-on pas renouveler les erreurs du passé en lançant plusieurs travaux en même temps: structure du ministère, gouvernance des commissions scolaires, négociations des conventions collectives? Avons-nous oublié que, à la suite d'une recommandation du rapport Parent, fut institué le Conseil supérieur de l'éducation? À cet égard, relisons ce que disait ce rapport sur l'éducation en 1963: «C'est au Conseil supérieur de l'éducation que reviendra surtout la responsabilité de maintenir le système d'enseignement en contact avec l'évolution de la société et celle d'indiquer les changements à opérer et d'inspirer des plans à long terme.»

Si, à court terme, aucune intervention législative n'est requise pour mener à une plus grande décentralisation du réseau, à plus long terme, ne serait-il pas le temps de faire le point sur l'état de notre système éducatif par la convocation d'une nouvelle commission Parent ou de nouveaux États généraux sur l'éducation? Ne serait-ce pas l'occasion d'actualiser notre projet éducatif national par un exercice démocratique de construction d'une vision commune et partagée en se réappropriant collectivement les fondements des orientations nées des États généraux, de s'assurer de leur applicabilité et de les réactualiser dans un contexte devenu différent à certains égards de celui d'il y a maintenant près de 20 ans?

Rénald Beauchesne (M. Éd.)

Chargé de cours UQAC

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer