Retrouver le bons sens

Les lock-outés, qui passent un deuxième hiver dehors... ((Photo Rocket Lavoie))

Agrandir

Les lock-outés, qui passent un deuxième hiver dehors par des températures glaciales, ont réussi à améliorer leur sort en se construisant des abris devant chaque concessionnaire.

(Photo Rocket Lavoie)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Le Quotidien

Notre région a fait la une de la presse nationale la semaine dernière, deux fois plutôt qu'une! D'abord, c'est le retour du championnat canadien du chômage qui retenait l'attention alors que samedi, le «conflit oublié» de l'industrie de l'automobile devenait le point de mire du cahier Affaires de La Presse.

Dans le premier cas, l'éditorialiste François St-Gelais cerne bien, dans son texte du 17 janvier, la problématique: la structure de l'économie régionale (bois et aluminium) combinée à l'arrivée à terme des projets d'investissements publics en sont les principales causes. Pour ce qui est du conflit, l'histoire est toute autre puisque la triste négation de la réalité envenime une situation hautement préjudiciable pour chaque partie. Un conflit de travail prend ses assises dans le rapport de force existant. Dans l'état actuel des choses, force est de constater qu'il s'est rangé du côté de la partie patronale! Après deux ans, les voitures vendues par le passé ont commandé un entretien nécessaire, les réparation sous garanties se sont effectuées tout comme l'échéance des contrats de location à long terme a requis l'acquisition d'un nouveau véhicule pour plusieurs. Certes, les ventes de véhicules neufs et usagés ont ralenti, mais, nécessité oblige, il y a tout de même eu un volume d'affaires. Il ne faut pas perdre de vue que l'automobile, dans le contexte géographique de notre région, est un mal nécessaire et représente pour la majorité des ménages la deuxième plus grosse dépense après le logement. Dans ce contexte, probablement que seuls les achats impulsifs ont pu attendre.

Le client, victime collatérale, a dû composer avec une qualité de service qui ne cadre pas dans la dynamique de prix du produit. Il ne semble pas que les prix de vente aient chuté eu égard au fait que le service qui accompagne une voiture neuve n'est pas aussi à l'avenant qu'en temps normal. Il serait intéressant de voir ce qu'en pensent les manufacturiers.

Les lock-outés et les membres de leurs familles paient particulièrement cher pour ce conflit. Notons toutefois, comme l'a mentionné le président de la Chambre de commerce du Saguenay, qu'il y a d'autres individus préjudiciés. Il faudra un jour rembourser le fonds de grève; plus le conflit s'étire, plus la retenue à la source risque de devenir salée. Pour certains, des dépenses nécessaires placées en attente depuis deux ans deviendront avec le temps inévitables. Tout cela sans parler des situations de stress, de frustration et de privations qui ont sans doute causé des dynamiques interpersonnelles plus délicates au sein de la famille. La semaine de travail de quatre jours, enjeu majeur du conflit, se voulait pour la qualité de vie des individus. Qu'est-elle devenue pour les syndiqués au cours des 23 derniers mois? Que sera-t-elle dans les mois suivant le règlement du conflit? Qu'en sera-t-il de la qualité de vie au travail, partie intégrante de la première? En bout de course, on peut se demander quel est dorénavant l'enjeu réel de ce conflit? Notre fierté saguenéenne légendaire en prendrait-elle pour son rhume? Qui dénouera l'impasse?

Daniel Gagnon

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer