Les conditions de marchés

Produits forestiers Résolu.... ((Archives))

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Produits forestiers Résolu.

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Le Quotidien

M. Bertrand Tremblay, dans sa chronique publiée dans Le Quotidien le 15 décembre dernier, tente de nous convaincre du bien-fondé des récriminations de Produits forestiers Résolu suite à la perte de la certification forestière FSC sur deux de ses territoires de coupe. M. Tremblay s'exprime d'une manière qui donne à penser qu'il n'a pas une très haute opinion du jugement et de la conscience critique d'une proportion pourtant importante de ses concitoyens! Selon lui, les déboires actuels de Résolu et de l'industrie forestière seraient davantage attribuables aux pressions d'«urbains romantiques et crédules» regroupés au sein de Greenpeace ou «manipulés» par cet organisme, plutôt qu'aux conditions du marché de la pâte et du papier.

Une analyse de Luc Bouthillier, entendue à la radio publique locale, économiste et ingénieur forestier à l'Université Laval, a éclairé notre lanterne quant aux causes du déclin que nous avons connu au cours des dernières années, particulièrement dans le secteur de la pâte et du papier. Entre autres causes, il rappelle la concurrence attribuable à l'utilisation d'essences à croissance plus rapide mais surtout l'avènement des journaux et magazines en format numérique. Voilà qui me semble facile à comprendre pour le commun des mortels, étant moi-même abonné à l'édition numérique de deux quotidiens et d'un hebdomadaire! Il précise aussi que depuis près de 15 ans, le marché traditionnel de cette industrie connaît une décroissance de l'ordre de 7,5% par an se traduisant en fermetures de machines à papier et en pertes d'emplois. Il suffit de lire le Quotidien pour faire le même constat, sans aucun lien, il faut le dire, avec Greenpeace ou tout autre groupe de pression!

M. Bouthillier a conclu son entrevue en souhaitant que Résolu, plutôt que de poser en victime, se concentre à retrouver sa certification et surtout à repenser son offre de produits. Le ministre des Forêts Laurent Lessard pousse d'ailleurs dans le même sens, sans manquer de rappeler que Résolu est en grande partie responsable de ses problèmes et que Cascades, Domtar et Kruger travaillent déjà à se repositionner dans des secteurs plus prometteurs.

Par ailleurs, point n'est besoin d'avoir complété une formation universitaire pour comprendre que les affres à travers lesquelles doit passer l'industrie forestière régionale sont récurrentes et datent d'avant l'émergence de la préoccupation environnementale. Il faudrait aussi reconnaître que cette composante maintenant incontournable du débat actuel n'est pas l'apanage des seuls groupes de pression et qu'on ne pourra pas s'en débarrasser en amalgamant tous ceux qui osent questionner l'utilisation de la ressource forestière, collective de surcroît, sous le vocable «d'écolos radicaux». Trop facile!

Ces jours-ci, quand je passe à Val-Jalbert, il m'arrive de douter de la valeur pédagogique de ce site touristique, malgré les injections substantielles de fonds publics qu'il a nécessitées. La Compagnie de pulpe de Ouiatchouan y a fermé ses portes en 1927, victime d'une réorganisation de l'industrie des pâtes et papiers.

Un peu plus loin sur la route, mais moins loin dans le temps, à Chambord, une usine flambant neuve est inactive depuis 2008. Est-il nécessaire de rappeler que ce n'est pas un autre coup des écolos? Ce sont les conditions de marché qui ont mis les employés au chômage et ce sont les conditions de marché et la capacité d'adaptation de ses propriétaires qui vont faire qu'elle rouvrira.

Jean-François Robert

Saint-Félicien

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