LA FIERTÉ A UN LAC

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Le Quotidien

En 1954, il y a de cela 60 ans, Fernand Belley achetait une première parcelle de terrain de 4000 mètres carrés en bordure du lac Saint-Jean, à l'extrémité du lot numéro 8 de Saint-Henri-de-Taillon. C'était pour le bénéfice de sa famille qui allait compter dix enfants. À cette époque, il n'y avait pas de chemin pour se rendre au terrain encore vierge. Il fallait y accéder en marchant sur le bord de la plage. Toutefois, l'ajout des terrains et la fabrication d'un chemin allait permettre, de 1954 à 1969, à des parents, amis et connaissances de faire du camping sauvage au prix de 5$ la saison.

Ensuite, en 1968, les tarifs étaient de 10$. Le prix d'accès à la plage pour la journée était de 2$. Depuis, le terrain n'a cessé de s'agrandir sur les lots 8, 9 et 7 pour un total de 227 218 mètres carrés. L'entreprise offre des emplacements de location au nombre de 321, dont 29 pour le vélo-camping. Il y a encore de la place pour du développement, mais auparavant, il a fallu faire un temps d'arrêt pour mettre à niveau tout le système d'égouts, d'aqueduc et d'électricité. Depuis 2007, ce sont plus de 2 M$ qui ont été investis au développement et à l'amélioration pour la satisfaction de la clientèle.

En période estivale, Camping Belley fournit de l'emploi à 22 personnes dont la majorité sont des étudiants. La gestion du camping a été confié Maxim Belley, un employé permanent. Celui-ci est sous la responsabilité de cinq administrateurs qui relèvent de l'assemblée des actionnaires composée de neuf personnes de la même famille. Au cours des années, il s'est vu attribuer neuf prix de la communauté régionale et provinciale. Il est l'entreprise principal payeur de taxes à la municipalité de Saint-Henri-de-Taillon.

En 1954, la plage était jonchée de souches desséchées de deux à trois pieds de diamètre. C'était l'héritage de 1922. Toutefois, l'assaut répété des vagues d'un lac maintenu trop élevé en automne nous a fait constater avec tristesse que des arbres matures, des cyprès et des bouleaux ont été arrachés par la force de l'eau et des vents. Un plan d'arpentage récent montre que les terrains des résidents sont érodés de la moitié de leur superficie originale. C'est pire pour les emplacements devant le camping. Malgré les trois rechargements de la société Alcan, une fois par dragage et deux fois par l'ajout de sable fin, tout le matériel s'est déplacé dans le fond de la baie, laissant les berges sans protection.

L'entreprise Camping Belley offre une occasion à des nombreux citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean et même du Québec, qui n'ont pas l'opportunité d'acquérir un terrain en bordure du lac, pour profiter du plaisir d'y séjourner. Les actionnaires de Rio Tinto Alcan siégeant à Londres ont le devoir de respecter une ressource qui bénéficie à un nombre important de Jeannois et d'autres. Sinon les Québécois n'auront d'autre choix, à mon opinion, par le biais de la Caisse de dépôt et de placements du Québec, de prendre le contrôle de cette compagnie. Pour cela, il nous faudra un autre René Lévesque pour nous rappeler que nous avons de la fierté. Pour parodier un certain Jean Drapeau, nous pouvons affirmer que la fierté a un lac.

Martin Belley

Président de Camping Belley

Saint-Nazaire

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