Le français et le sport

Centre Air Canada... (Photo archives La Presse Canadienne)

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Centre Air Canada

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Le Quotidien

Le 5 octobre dernier, les Maple Leafs de Toronto, la plus fortunée des formations de la Ligue nationale de hockey, aurait pu réserver un accueil représentant dignement le Canadien de Montréal, ville où les francophones sont encore majoritaires. Les propriétaires des Maple Leafs n'ont pu faire mieux que d'offrir aux 19 800 personnes présentes au Centre Air Canada, rempli au-delà de sa capacité, l'hymne national du pays uniquement dans la langue anglaise. Cet unilinguisme révoltant est certainement un argument pour tous ceux et celles qualifiant «d'utopique» le bilinguisme au Canada.

La seule consolation à cet accroc au protocole sportif prévalant aussi bien au Centre Bell, de Montréal, qu'au Centre Canadian Tire, d'Ottawa, où évoluent les Sénateurs, est que les Canadiens ont remporté leur premier match de la saison 2014-2015 par la marque de 4 à 3! À Montréal et à Ottawa, l'hymne national est interprété dans les deux langues officielles du pays. On se rend bien compte que ceux président aux destinées des Maple Leafs de Toronto ont très peu ou pas du tout de considération pour la langue française. Bell et Rogers, qui dominent, et de loin, le domaine des télécommunications au pays, ont acquis chacune, à la fin de 2011, 37,5% des actions de l'entreprise Maple Leaf Sport & Entertainment (MLSE).

Disons ici que l'investissement de Bell inclut la participation du régime de retraite de ses employés permettant l'acquisition de 9,5% des actions de MLSE.

Celle-ci possède notamment, outre l'équipe de hockey des Maple Leafs, deux autres clubs professionnels de la Ville Reine, soit les Raptors, l'unique formation canadienne au sein de la ligue National Basketball Association (NBA), le Toronto FC, au soccer, en plus du Centre Air Canada. L'usage de la langue française est marginal ou inexistant dans toutes les activités de MLSE.

Pour faire une histoire courte, Larry Tanenbaum, géant torontois du secteur immobilier, est le seul autre à détenir la balance des intérêts, soit 25%, de la très lucrative société MLSE. À elle seule, d'après le magazine Forbes, l'équipe de hockey torontoise des Maple Leafs est évaluée à 1,1 milliard $, ce qui lui confère la 26e place dans la plus récente liste des 50 clubs professionnels qui valent le plus cher au plan mondial. C'est la seule équipe de hockey dans ce groupe des milliardaires du sport.

Bell est aussi l'un des actionnaires du Canadien de Montréal, avec une participation de 18%. La famille Thomson, de Toronto, propriétaire de l'agence de presse mondiale Reuters, et qui détient la fortune la plus colossale au pays, contrôle, pour sa part, plus de 20% du club. La majeure partie des actions de l'équipe demeure donc entre les mains des membres de la famille Molson, de Montréal. Dans ce monde de la haute finance sportive, Québecor et son réseau TVA Sports jouent dans les ligues mineures.

Les Molson, tout comme les Thomson, sont des partisans du bilinguisme. Mais ils n'ont pas encore eu le courage ou la volonté d'imposer l'apprentissage du français aux joueurs du Canadien originaires d'Europe ou d'ailleurs. Ce n'est pas l'argent qui fait défaut. Ces athlètes, le plus souvent unilingues anglais, se partageront 76 millions $ en 2014-2015, soit la quatrième masse salariale dans la LNH. Thomson et Molson doivent exiger d'eux qu'ils apprennent à parler français, par respect pour la population québécoise francophone, très partisane du Tricolore.

Gabriel Berberi

Chicoutimi

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