Une concurrence régionale

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Le Quotidien

Je suis l'un des artisans qui ont mis en place l'organisme sans but lucratif Friprix. J'ai été le premier président du conseil d'administration de cet organisme et je suis demeuré dix ans à la présidence. C'est à la demande de Mgr Léonce Bouchard, des Fringues, de l'abbé Gérald Linteau (anciennement Les Trouvailles, et de mesdames Hélène Potvin et Ginette Dutil, du Comptoir vestimentaire Roussel, que j'avais accepté de m'impliquer dans la mise en place de ce projet.

Des organismes communautaires, autant du secteur de Chicoutimi, de Jonquière (entre autres La Maison de quartier) et d'Alma avaient quelques objectif majeurs: ouvrir un magasin de linge usagé à grande surface pour contrer un éventuel retour d'une entreprise extérieure, coordonner les activités de récupération de vêtements afin d'éviter l'enfouissement (les vêtements non vendus après quelques années dans les services de la région sont exportés afin d'éviter cette option), offrir cette ressource à un prix très raisonnable aux personnes dans le besoin et créer des emplois permanents en utilisant exclusivement des personnes en réinsertion sociale.

Ce projet régional est un très grand succès, qui se traduit par le magasin Friprix actuel avec 15 employés dont 60% qui y travaillent depuis l'ouverture. Ce résultat est le fruit de beaucoup de collaboration avec la Maison de quartier de Jonquière, le regroupement des Saint-Vincent-de-Paul, les organismes déjà en place qui oeuvraient dans le même secteur d'activités, de Saguenay, le CLE et le CLD et les différents commerçants pour la collecte des vêtements.

Pendant les sept premières années d'opération, le CA de Friprix a été en mesure de retourner 21 000$ aux trois organismes fondateurs qui avaient prêté ce montant pour son démarrage. Friprix n'a pas été mis en place pour faire des profits, c'est un organisme d'économie sociale.

Je suis estomaqué et même temps choqué qu'une association qui a besoin de la communauté régionale pour survivre, s'entende avec une entreprise privée de l'extérieur pour «envahir» un domaine où des organismes bénévoles (Friprix, Fringues, Saint-Vincent-de-Paul, comptoirs vestimentaires, Maison de quartier) ont mis plus de dix ans à habituer la population à déposer leurs vêtements dans des boîtes de dons...

Choqué parce que nouvelles boîtes (de l'organisme Le Support au profit de l'Association pour le développement de la personne handicapée intellectuelle du Saguenay (AHDIS)) viennent bousculer des habitudes qui ont très été longues à établir. Ce n'est pas vrai, à mon avis, qu'il y assez de matériel pour alimenter une deuxième cueillette de linge usagé.

Je suis choqué parce que les organismes d'ici seront fragilisés, la population ne sachant plus à qui faire leurs dons et parce que je pense que l'AHDIS n'en retirera pas grand chose au bout du compte. Si ce n'est de semer la discorde même pour certains bénévoles...

Ça m'attriste également parce que je connais très bien l'AHDIS. En plus d'y faire un peu de bénévolat ces dernières années, je suis l'un des membres fondateurs de cette association, dans les années 1970, avec un groupe de parents. C'est très décevant de constater un tel manque de connaissance de ce qui se fait déjà dans son propre milieu.

Lucien Houde

Premier président du C.A. de Friprix

Chicoutimi

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