Le plus vieux mensonge du monde

Les groupes de défense ont affirmé qu'ils appuient... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les groupes de défense ont affirmé qu'ils appuient globalement le projet de loi C-36, qui représente une bonne avancée en cela qu'il reconnaît la violence infligée aux prostituées par leurs proxénètes et leurs clients.

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Le Quotidien

C'est fait... Le projet de loi C-36 criminalisant les proxénètes et les consommateurs de prostitution est passé aux Communes le 6 octobre dernier... Qu'en dire et qu'en penser?

Plusieurs s'insurgent sur le fait que cette loi va pénaliser des femmes qui «choisissent» le «métier» de prostituée. Plusieurs sont convaincus qu'il s'agit là d'un recul sur le choix de vie des êtres humains et sur leurs droits. Plusieurs diront aussi que les femmes se sont battues pour avoir le droit de décider de ce qu'elles vont faire de leur corps et que la prostitution fait partie de ce droit. D'autres diront qu'en légalisant la prostitution, les personnes qui en vivent pourraient exercer leur «travail» dans un cadre bien défini et sécuritaire. Le CALACS Entre Elles, ressource spécialisée en agression sexuelle du Lac-Saint-Jean, désire, par cette lettre ouverte, mettre un bémol sur le discours véhiculé trop souvent dans la société.

La prostitution ne se fait pas entre deux adultes consentants et ne se fait pas dans un système de libre choix. La prostitution s'inscrit dans l'industrie du sexe, industrie qui vend le corps des femmes dans l'objectif de faire de l'argent, beaucoup d'argent.

Il ne faut pas oublier que 80% des personnes prostituées ont débuté ce «métier» avant l'âge de 18 ans, selon de récentes données du Conseil du statut de la femme. Il va sans dire que nous ne pouvons être ici en présence d'adultes consentants...

De 50% à 90% des personnes prostituées dans «l'industrie légale» sont forcées à le faire, selon des données du Service de police néerlandaise... Dans des pays comme la Nouvelle-Zélande ou les Pays-Bas, entre autres, où la prostitution est réglementée ou encore totalement dépénalisée, des études ont démontré que le principe n'est pas un franc succès et qu'il existe bel et bien encore un rapport de force dans le fait de se prostituer.

Les fruits de la prostitution profitent aux groupes du crime organisé. La traite humaine est plus rentable que la vente d'armes et de drogues. En 2006, les profits de la traite à des fins d'exploitation sexuelle étaient de 27,8 milliards, selon un rapport daté de 2006 de l'Organisation international du travail. Lorsqu'une industrie remplit les poches de tels groupes, peut-on encore être convaincu qu'il s'agit d'un choix de la personne de demeurer dans une telle situation?

Le projet de loi n'est certes pas l'idéal; il n'est certainement pas une finalité et une recette miracle à la prostitution, mais il est un pas dans la bonne direction pour que les vrais coupables soient enfin reconnus.

Avouons-le, il faut défaire ce discours dépassé, mais encore cru par la population, qu'il y a une majorité de femmes qui choisissent de se prostituer et qui le font par plaisir. Ce genre de mythe constitue un affront aux femmes qui vivent des violences quotidiennement en se prostituant. Le plus vieux métier du monde?

Il s'agit plutôt, à nos yeux, du plus vieux mensonge du monde!

L'équipe d'intervenantes

CALACS Entre Elles

Roberval

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