La stratégie politique...

Jacques Parizeau... (Photothèque Le Soleil)

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Jacques Parizeau

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Le Quotidien

Officiellement, à quatre reprises, depuis 44 ans, j'ai voté pour que la province de Québec accède au statut de pays. À l'élection de 1970, voter pour le Parti québécois, c'était donner son consentement pour l'indépendance du Québec. C'était une élection référendaire. Le Parti québécois avait obtenu 23,06 % des votes, faisant élire sept députés. En 1973, c'était aussi selon moi une élection référendaire pour l'indépendance. Le résultat fut de 30,22 % des votes et l'élection de six députés péquistes.

Au lieu de continuer cette démarche claire et honnête d'élection référendaire, le PQ a voulu, comme à la guerre, jouer de stratégie et d'astuces. C'est comme s'il y avait un ennemi à combattre et qu'il fallait livrer bataille. Que le plus fort et le plus astucieux gagne! C'est ainsi qu'en 1976, le parti a revêtu un déguisement en jouant la carte de bon gouvernement. L'appât, une consultation sur la souveraineté par référendum à la fin du mandat. Le parti a obtenu 41,37 % des votes et fit élire 71 députés et a accédé au pouvoir.

Comme prévu, en 1980, il a tenu le référendum sur la souveraineté assortie d'une association avec une question très longue. C'était un langage inhabituel par rapport à avant 1976. L'étapisme, c'était une erreur de parcours possiblement suggérée par M. Trudeau...

Gardant la même démarche qu'aux élections précédentes, en 1976, le parti n'aurait-il pas accédé au pouvoir, mais il aurait accru le pourcentage des votes et le nombre de députés. À l'élection de 1981, après dix ans d'usure, le gouvernement de M. Bourassa aurait été renversé avec une élection référendaire. Ça ne s'est pas passé ainsi.

En 1980, le PQ a livré une bataille avec des francophones à Québec et des francophones à Ottawa représentant des anglophones. Comme à la bataille des Plaines d'Abraham, il y a eu un gagnant et un perdant. Les indépendantistes-souverainistes se sont retrouvés des perdants...

Au lieu de faire une démarche de réaliser l'indépendance du Québec, 15 ans plus tard, en 1995 le même scénario qu'en 1980 est répété. Toujours la souveraineté et une question plus courte. Les généraux ont changé, Parizeau contre Chrétien, au lieu de Lévesque contre Trudeau. Comme en

1980, on s'aventure sur une glace peu solide, à peine 40 % d'appuis dans les sondages, mais en espérant que la glace s'épaississe en quelques semaines.

Dépourvu, le général Parizeau fait appel au général Bouchard pour faire épaissir la glace avec l'émotion. Malgré les efforts surhumains de celui-ci, le général Parizeau déclare forfait le 30 octobre en démissionnant et en disant «Nous l'avons perdu de peu». Sous-entendu: la bataille du référendum.

Comme si ce n'était pas assez, il rend coupables les groupes ethniques et l'argent du camp adverse. Toutefois, il se garde bien de parler de la faible majorité du "Oui" des comtés de la région de la capitale nationale. La circonscription de Jean-Talon a voté majoritairement "Non".

Près de 20 ans après ces faits d'armes de 1995, le général Bouchard sort de sa retraite pour dire que le référendum de 1995 a été perdu deux fois plutôt qu'une par les propos "démolissants" de M. Parizeau. Son fils va jusqu'à dire qu'il est un perdant employant en cela le mot anglais "looser"...

Peu de temps après, le général Parizeau sort aussi de sa retraite pour dire que le Parti québécois est un champ de ruines. Il aurait tout aussi bien pu dire que le Parti québécois est un champ de mines.

Avec un État moderne comme le Québec, tu n'ériges pas en bataille l'idée de faire un pays. Cela est une approche égotique. L'idée de l'indépendance politique se cultive honnêtement, lentement et sûrement. Quand tu sais et sens que le fruit est mûr, sans bataille, tu fais la tenue d'un référendum confirmant une réalité.

Après avoir voté Parti québécois depuis sa fondation, je ne vois plus comment ce parti, noyauté par d'anciens chefs syndicaux tels que les Larose, Parent, Laviolette, Simard, Charbonneau, Duceppe et bien d'autres, plutôt des combattants que des éducateurs, ce parti, dis-je, puisse faire évoluer l'idée de faire du Québec un pays indépendant.

Martin Belley

Saint-Nazaire

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