L'industrie se menace elle-même

Nicolas Mainville... ((Courtoisie))

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Nicolas Mainville

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Le Quotidien

Un vent de panique face à l'industrie forestière plane dans les pages du Quotidien depuis quelques jours. Les termes «nouvelle menace», «crise» et «bras-de-fer» sont utilisés à profusion pour décrire les enjeux reliés à la certification du Forest Stewardship Council (FSC). Cette norme, bâtie par des industriels, des syndicats, des autochtones et des environnementalistes et tant prisée par les grands acheteurs internationaux, vise à assurer le respect de plusieurs critères comme les droits autochtones et la protection des forêts à haute valeur de conservation, dont les forêts vierges.

Dans son éditorial intitulé «Forêt: prévenir une autre crise», publié jeudi, François St-Gelais fait fausse route en dépeignant la certification FSC comme une attaque de Greenpeace contre l'industrie forestière. Le FSC est une des meilleures solutions disponibles pour l'industrie, et des dizaines de compagnies l'épousent à travers le pays.

Il y a deux semaines en Espagne, les quatre chambres du FSC ont adopté par vote une motion pour assurer que les grandes forêts vierges soient protégées dans les zones certifiées FSC. Ainsi les membres syndicaux, autochtones, environnementaux et industriels qui composent la norme FSC se sont mis d'un commun accord pour éviter la coupe et la construction de route dans au moins 80% des forêts intactes des unités certifiées d'ici 2016. Plusieurs joueurs industriels furent clé pour adopter cette motion.

Or ici au Québec, un certain gros joueur industriel très «résolu» se démène pour éviter de faire une plus grande place aux autres usages de la forêt. Malheureusement, après avoir écopé de 13 non-conformités majeures face à la norme FSC, ce géant forestier a perdu ses certificats FSC, tenant des milliers d'emplois en otages et amochant du même coup toute la réputation de l'industrie forestière.

À notre avis, c'est la menace d'un joueur corporatif qui ne veut pas se conformer aux demandes des marchés qui devrait être au coeur des inquiétudes de la région. Actuellement, à peine 5% de la forêt québécoise allouée à l'industrie forestière est protégée. Il faut rétablir un équilibre et la certification FSC et cette nouvelle motion font partie de la solution. La protection des Montagnes Blanches, une grande forêt intacte au nord du lac Saint-Jean, permettrait d'importants progrès dans ce sens.

Nicolas Mainville

Directeur

Greenpeace Québec

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