Un projet discutable

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Le Quotidien

En réponse à la chronique de Nicole Huybens publiée mercredi dans Le Quotidien: quelle entreprise accepterait de vendre sa marchandise au quart de son prix coûtant? Aucune, bien sûr. L'exercice est déficitaire et d'autant plus inacceptable alors que notre propre gouvernement nous demande de se serrer la ceinture! Force est d'admettre que cette période «d'austérité» ne vise que les citoyens de la classe moyenne...

Chaque nouveau projet hydroélectrique ou éolien (Val-Jalbert, Onzième chute, La Romaine etc) continue d'enfoncer le Québec dans le rouge. Pour les dix prochaines années, Hydro-Québec dépensera plus de 23 milliards $ pour acheter de l'électricité en surplus selon les informations publiées dans les médias. Coût qui sera refilé aux généreux et dociles contribuables. M. Couillard a beau espérer pouvoir écouler ces surplus via la grande entreprise, les deux secteurs énergivores du Québec, l'aluminium et le papier, sont malheureusement en déclin actuellement.

Pour ce qui est de l'électrification des transports, quoique cette avenue soit des plus pertinentes, les plus optimistes parlent d'une puissance nécessaire autour de 500 MW. Or, Hydro-Québec a une puissance installée près de 44 000 MW actuellement et la demande moyenne annuelle québécoise est de 19 800 MW selon leur rapport annuel 2013. Il faudrait plus que doubler la consommation actuelle pour espérer atteindre la limite technique d'Hydro-Québec sur une base annuelle.

Il est vrai que la force hydraulique a contribué à l'établissement de l'usine de pulpe à Val-Jalbert au début des années 1900. Toutefois, la puissance installée à des fins hydrauliques et hydroélectriques à cette époque était infiniment plus petite que celle proposée dans le projet actuel. Il s'agissait de l'équivalent de 4.7 MW en force hydraulique pour activer les machines de l'usine et de 0.75 MW pour l'électricité nécessaire à éclairer le village et l'usine.

Pour moi, ce projet est définitivement trop gros pour une si petite rivière, sur un des plus beaux sites touristiques de la région. Comment trouveront-ils ça, les touristes en hébergement sur le site, de découvrir la chute Ouiatchouan à 1% de son débit habituel jusqu'à 10h du matin? Y aura-t-il une répétition du désastre écologique qui se trame sur la rivière Nicolet : des centaines de poissons morts en bordure d'un cours d'eau où se trouve une centrale? (voir www.lanouvelle.net).

Le projet de Val-Jalbert s'inscrit selon moi dans la même liste de projets néfastes pour la faune ichthyenne : le poisson devra être très imaginatif s'il espère s'en sortir vivant lors de la transition du débit esthétique de 7 mètres cubes par seconde au débit minimal de 0,3 mètre cube par seconde. Un débit anémique qui laissera certaines parties du bief intermédiaire avec aussi peu que 1 à 2 cm d'épaisseur d'eau au poisson pour circuler entre les bassins. Le BAPE a rejeté des conditions similaires pour le projet de minicentrale au canyon Sainte-Anne.

En conclusion j'estime que la «centrale respectueuse» ne satisfait aucun des trois critères de développement durable : économie, projet déficitaire; environnement, débit non-écologique; social, absence d'acceptabilité sociale appuyée par des sondages démontrant entre 51 et 53% d'opposants à la construction d'un barrage sur le site touristique.

Voilà la nouvelle façon de faire de nos élus et décideurs. Il ne faut donc pas s'étonner que 60% de nos jeunes disent vouloir quitter le Québec actuel...

Jean-Yves Nadeau

Dolbeau-Mistassini

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