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Karl Blackburn
Le Quotidien

(Saguenay) Dans son édition du 18 février dernier, Le Quotidien publiait un article relatant une proposition du député de Roberval, Denis Trottier, à l'effet de regrouper tous les intervenants autour d'une même table pour discuter du dossier du caribou forestier afin de vider la question. Parmi ceux-ci, le député inclut Greenpeace. Cette proposition nous apparaît pour le moins surprenante et témoigne d'une méconnaissance de certains événements et comportements qui ont pourtant été couverts par les médias. Un retour en arrière sera utile pour bien rétablir la perspective.

À compter de 2003, et plus activement à compter de 2007, Greenpeace a entrepris une campagne visant à soustraire à tout développement de grands pans de la forêt boréale canadienne dont notamment un vaste territoire au Lac-Saint-Jean que Greenpeace a baptisé «Montagnes blanches» bien que cette appellation réfère généralement à des montagnes situées plus au nord. Tous ont encore en mémoire les coups d'éclat de Greenpeace autour d'un bateau transportant de la pâte produite à l'usine de Saint-Félicien destinée à des clients européens. Après plusieurs années d'une campagne infructueuse, en mai 2010, Greenpeace se joignait à l'«Entente sur la forêt boréale canadienne» (EFBC) qui regroupait alors neuf organisations environnementales et 21 compagnies forestières. Un des objectifs poursuivis par l'EFBC était justement de développer un plan de rétablissement pour le caribou forestier pour chacun des territoires ciblés par l'entente. Un de ces territoires regroupait les quatre unités d'aménagement forestier du Lac-Saint-Jean. L'EFBC prévoyait que lorsqu'un plan de rétablissement était déjà en place, les travaux devaient tendre à bonifier ce plan, ce qui était le cas pour ce territoire. Trois groupes environnementaux étaient présents sur ce groupe de travail, soit la Société pour la nature et les parcs (SNAP), l'Initiative boréale canadienne (IBC) et Greenpeace.

Selon les modalités de l'EFBC, les communautés, les syndicats de travailleurs et le gouvernement n'étaient pas d'office invités à participer à de tels groupes de travail. Ces intervenants devaient toutefois être consultés avant que des recommandations ne soient formulées au gouvernement, l'ultime décideur en la matière.

En décembre 2012, après plusieurs mois de tensions au sein de l'EFBC qui opposaient les approches de conservation aux visées plus radicales de Greenpeace, cette organisation se retirait avec fracas de l'EFBC. Pour justifier son départ, Greenpeace formula des accusations à l'effet que Résolu aurait violé des dispositions de l'EFBC. Trois mois plus tard, Greenpeace était forcée de se rétracter publiquement, démonstration ayant été faite sans équivoque que les accusations étaient non fondées, voire même mensongères. Il faut savoir que la vidéo utilisée par Greenpeace avait été tournée en août, donc près de quatre mois avant l'annonce de leur départ de l'EFBC. Comment Greenpeace peut-elle prétendre être de bonne foi dans les circonstances? Et c'est ce même groupe que le député Trottier voudrait inviter à la table ? Pour Résolu, il est maintenant le temps pour le gouvernement de convoquer à une table les groupes environnementaux d'approche plus constructive, les élus, les syndicats de travailleurs en usine et en forêt, et des représentants du gouvernement, dans le cadre de l'exercice proposé par le député. Son objectif reste à définir, mais nous suggérons qu'il devrait être de faire état des connaissances actuelles, des travaux de recherche en cours, des mesures envisagées par le gouvernement du Québec, et des conséquences chiffrées de ces mesures sur les travailleurs forestiers et les communautés qui dépendent des ressources forestières de ce territoire et qui ont été affectés par la réduction de plus de 30% des approvisionnements des usines depuis 2008. Nous devons à tout prix éviter de vivre au Québec la même situation qui a sévi dans le Nord-ouest américain à la fin des années 80. À l'époque, à cause de la faiblesse des études scientifiques et de la méconnaissance du gouvernement américain concernant la disparition de la chouette tachetée, la décision de stopper les opérations forestières a été prise. Des milliers de travailleurs sacrifiés, des familles brisées et des communautés forestières dévastées. Le mal était fait, pour se rendre compte plus tard que la vraie raison de la disparition de la chouette tachetée était la chouette rayée, plus agressive.

Pour conclure, Résolu ne croit plus à la possibilité d'en arriver à une conclusion «gagnant-gagnant» avec un groupe comme Greenpeace. Pendant que Greenpeace en appelle au retrait de la poursuite intentée contre elle par Résolu, elle continue de harceler les clients les invitant à reconsidérer les approvisionnements provenant des territoires du Lac-Saint-Jean. Encore une fois, l'objectif avoué de Greenpeace, c'est la soustraction à tout développement de vastes territoires forestiers actuellement sous aménagement. Leur donner raison contribuerait à sacrifier de nombreux emplois, tant en forêt qu'en usine.

Karl Blackburn

Directeur principal Affaires publiques et Relations gouvernementales Canada

Produits forestiers Résolu

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