Débat de fond

Denis Trottier... (Archives Jeannot Lévesque)

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Denis Trottier

Archives Jeannot Lévesque

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Le Quotidien

Dans l'édition de mardi du Quotidien, le député Denis Trottier invitait à la réflexion les opposants à la minicentrale de Val-Jalbert. Je soumets à sa réflexion certains éléments. Contrairement à ce qu'il affirme, le débat ne tourne pas uniquement autour de l'environnement, mais bien davantage sur le plan économique. Dans l'édition du 23 octobre du Quotidien, M. Trottier déclarait (dans un texte portant sur le statut de la rivière Ashuapmushuan) : «Le Québec doit gérer des surplus importants. Est-ce que les gens connaissent beaucoup d'entreprises privées qui continuent de produire quand elles n'ont pas d'acheteur pour ce qu'elles fabriquent?» Question pertinente en effet. Cette logique n'empêche toutefois pas M. Trottier d'approuver le projet de Val-Jalbert. Plutôt que de s'inquiéter du temps doux, M. Trottier aurait avantage à se préoccuper des finances publiques du Québec ainsi que de la facture d'électricité de ses concitoyens. Ce même mardi, on pouvait lire dans les pages du Soleil de Québec, un article intitulé «Les surplus d'Hydro coûteront une fortune aux Québécois». On pouvait y lire que la facture pourrait atteindre 4,5 G$ d'ici 2020. D'après Jean-Francois Blain, de l'Union des consommateurs, la hausse tarifaire demandée par Hydro-Québec (en conséquence) à ses clients pourrait être très salée, soit environ 5% d'augmentation par année pour récupérer 500 M$ de pertes par année. M. Trottier a beau banaliser l'importance de Val-Jalbert dans les surplus, il n'empêche que plusieurs petites pertes finissent par en faire une grosse. Pour en revenir au temps doux qui préoccupe tant M.Trottier, l'écologiste qu'il prétend être devrait savoir que le réchauffement de la planète n'est pas près de s'arrêter, ce qui ne fera qu'accentuer les surplus d'Hydro-Québec, d'où l'inutilité d'ajouter à l'offre d'énergie. S'il veut faire quelque chose pour ralentir le réchauffement du climat, M. Trottier pourrait inciter le gouvernement dont il fait partie à éliminer le chauffage au mazout dans les plus brefs délais. En faisant cela, Québec ferait d'un pierre quatre coups. Amélioration du bilan environnemental du Québec en éliminant plusieurs milliers de tonnes de CO2 dans l'atmosphère; amélioration de la balance commerciale du Québec en éliminant l'importation de ce mazout; création de nouveaux débouchés pour Hydro-Québec et donc, amélioration des finances du gouvernement. Estimant que le projet de Val-Jalbert est un dossier classé, M. Trottier invite les opposants à se concentrer sur le débat public sur l'énergie qui se déroulera dans les prochains mois, au cours duquel on pourra débattre de la pertinence de construire des minicentrales. Autrement dit, dépêchons-nous de construire cette minicentrale, on réfléchira ensuite de la pertinence de la construire. Ne serait-il pas plus intelligent de réfléchir avant qu'après? Le projet de Val-Jalbert a ceci de pernicieux qu'il mêle production d'énergie, financement d'un site touristique et subvention au développement régional. Voilà trois dossiers que l'on aurait intérêt à traiter séparément.

Martin Allard

Saint-Félicien

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