Vraie fierté

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Billy St-Pierre
Le Quotidien

(Hébertville) J'écris suite à la lettre d'opinion publiée en cette rubrique intitulée «Coup de chapeau aux négociateurs», qui traite de l'entente entre Rio Tinto Alcan et le Syndicat des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEAA).

L'auteur se dit admiratif et fier de l'excellent travail de négociation des deux parties. Même si je suis bien content pour les syndiqués d'Arvida de ne pas avoir subi le sort de ceux d'Alma, je suis loin d'être fier de l'entente. On parle encore d'emplois de moins dans la région et d'autres donnés à la sous-traitance, moins bien rémunérés. Dans cette entente, on parle de 30 000$ de bonus pour les départs à la retraite et de 2500$ de bonus à la signature. L'auteur fait même le lien entre les négociations concertées implantées par Alcan en 1983 avec celle-ci. Je ne suis pas un professionnel, mais, au nombre de fois où les mots «Alma» et «lock-out» ont été utilisés à l'assemblée générale fatidique (à Arvida), j'associe plus à la peur qu'à la concertation le succès de cette entente. Tant qu'à se remémorer le passé, j'aimerais rappeler que c'est parce que la compagnie était créatrice d'emplois qu'elle a été soustraite à la nationalisation (de l'électricité) en 1962. Les emplois sont la pierre d'achoppe 50 ans plus tard, car il n'est plus question que de tonnage (de métal produit) aujourd'hui.

Je trouve insultant que l'on qualifie de «négociations de l'intelligence» une négociation qui ne va pas sur la place publique. Pour nous, les syndiqués d'Alma, il a fallu parcourir le monde pour avoir enfin une offre de la compagnie et je n'ose pas imaginer combien de temps nous aurions été assis sur le banc de neige sans cette action syndicale qui fut fort médiatisée et qui a obligé RTA à agir. Comme preuve, à Alma, là où les ententes permettaient la sous-traitance à profusion, le syndicat l'a freiné à 10% et de son côté, RTA continue de bénéficier d'un avantage hydroélectrique fort concurrentiel. Bien sûr, pour le salarié, c'est cher payé, mais il y a de quoi être fiers! Et là, nous pouvons parler de courage et même d'héritage culturel. La région en est la grande gagnante.

Billy St-Pierre

Hébertville

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