Rapports opposés

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Bernard Généreux

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Le Quotidien

«Bernard Généreux ne comprend pas les opposants». Quand j'ai lu cette affirmation dans Le Quotidien du 21 décembre dernier, je me suis demandé si le préfet comprenait même les effets néfastes de son propre projet.

En plein été, il y aura bel et bien des touristes présents sur le site en hébergement avec la chute asséchée. En effet, le débit esthétique est garanti à partir de 10h du matin. Avant cette heure, le coup d'oeil visuel sera une catastrophe pour quiconque circulera sur le site. L'information est écrite noir sur blanc dans le document «DQ7.1» sur l'entente de turbinage, déposé au BAPE par la Corporation du parc régional de Val-Jalbert.

Encore pire, selon ce même tableau, entre la fin octobre et la mi-mai, la rivière et les nombreuses chutes seront toutes asséchées au débit minimal de 0.3 m3/s sur près de 1 kilomètre. Ce qui laissera pantois les nombreux utilisateurs des sentiers de raquettes et de ski du Club plein air de Roberval, notamment pendant l'hiver.

Pour mieux comprendre les opposants, je rappellerai quelques positions des élus lors du BAPE de 1994. D'ailleurs, sur les 40 mémoires déposés, 35 étaient contre le projet à l'époque, dont particulièrement celui de la MRC Domaine-du-Roy, de Roberval, et du Conseil régional en environnement. En 1994, le rapport du BAPE mentionnait : l'intégrité du site de Val-Jalbert, de la chute et de la rivière Ouiatchouan est sans contredit l'élément majeur de l'opposition au projet. La problématique générale d'un projet d'aménagement hydroélectrique à Val-Jalbert est teintée d'une dimension toute particulière, inhérente à la valeur historique et patrimoniale du site. Comme l'ont rappelé les gens et les organismes avec parfois beaucoup d'insistance:

« L'intérêt de cet emplacement réside dans une combinaison d'aspects géologiques, géomorphologiques et botaniques [. .].» Je citerai un deuxième extrait de ce rapport de 1994 :

L'élément visuel que représentent les chutes, particulièrement la Ouiatchouan (...), fait partie intégrante de cette richesse patrimoniale. Majoritairement, les participants ont exprimé des inquiétudes face à l'apparence qu'auraient la chute et la rivière et ils estiment ne pas avoir reçu de démonstration hors de tout doute raisonnable que rien ne serait altéré. Le débit esthétique de 6 m3/sec proposé par le promoteur pendant la période touristique estivale ne satisfait pas [le projet 2012 prévoit 7 m3/sec.].

Plusieurs points soulevés par le président de la commission de 1994, demeurent d'actualité pour le projet de minicentrale sur la chute de Val-Jalbert, tels : «le projet représente l'utilisation d'un site patrimonial à des fins jugées non légitimes par la population. Le projet représente un risque de concurrence avec la vocation récréotouristique du site. Les impacts anticipés reposent sur une image incomplète et fragmentée des écosystèmes de la zone d'étude, laissant une incertitude scientifique sur la valeur du débit minimal réservé à des fins écologiques.»

J'avoue être très surpris de conclusions si opposées de deux rapports du BAPE (1994 et 2012) sur des projets similaires. Entre autre, les craintes concernant le débit minimal écologique sont omniprésentes dans le rapport de 1994, mais sont évacuées sans considération pour le rapport de 2012, avec un débit minimal plus bas. Ce qui amène à se questionner sérieusement sur la légitimité de ce processus.

Jean-Yves Nadeau

Dolbeau-Mistassini

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