Contrôler les coûts

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Gilles Bergeron

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Le Quotidien

La récente proposition du ministre des Transports de créer une Agence des transports autonome avec le retour de l'expertise au sein de cette agence publique m'apparaît une proposition intéressante mais insuffisante pour diminuer l'écart entre le coût des projets et leur estimation. Une analyse plus en profondeur des causes de ces dépassements de coûts est nécessaire. Mon expérience au conseil d'administration de la Corporation d'hébergement du Québec, qui joue dans le secteur de la santé un rôle plus ou moins similaire à celui de l'agence projetée, m'a permis de constater que la principale cause du dépassement du coût des projets n'était pas le manque d'expertise, mais plutôt la volonté politique.

Dans le cadre de la planification des projets et du choix des priorités, les ministres ont un intérêt naturel à présenter des projets avec une estimation des coûts la plus basse possible pour maximiser les chances que leur projet soit retenu dans les priorités et aussi pour maximiser le nombre de projets qui seront retenus dans le cadre budgétaire. Le gain politique d'un projet réalisé est très important alors que les conséquences négatives d'un dépassement de coûts sont actuellement très faibles. Pas étonnant, dans ce contexte, qu'il se développe dans l'appareil administratif une culture de la sous-estimation des coûts, et ce malgré les compétences des gestionnaires. Certains projets à caractère plus politique sont également annoncés avec précipitation et une estimation préliminaire incomplète.

Compte tenu des délais entre la planification d'un projet et le début de sa mise en oeuvre, son coût augmente également en raison de l'augmentation des prix, des changements dans la réglementation ou encore des modifications suite à des débats publics. Une nouvelle estimation des coûts devrait normalement être produite avant tout lancement d'un projet. Comme la place prioritaire du projet dans la liste d'attente pourrait en être modifiée et qu'il n'est pas dans l'intérêt du parti au pouvoir d'ouvrir un nouveau débat, on convient souvent de lancer le projet en proposant certaines coupures qui seront annulées par la suite dans la réalisation du projet. Tant que la mise à jour du coût des projets avant leur lancement ne sera pas une priorité politique, elle sera difficilement intégrée dans le processus administratif. Une agence publique quoique autonome et indépendante ne peut se substituer à la volonté politique.

Pour cette raison, je propose que le respect des coûts devienne une priorité politique clairement exprimée par le gouvernement, que les mécanismes d'évaluation d'approbation, et de suivi des projets soient révisés à cette fin et que tous les grands projets d'infrastructure fasse l'objet d'un suivi de la part du vérificateur général avec un rapport annuel au parlement.

Gilles Bergeron

Professeur UQAC

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