Des patients toujours oubliés

Les GMF ont été créés à la suite... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Les GMF ont été créés à la suite d'une recommandation faite par une commission d'étude sur les soins de santé.

Photo: Alain Roberge, La Presse

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Le Quotidien

Dans la dernière édition du Progrès-Dimanche, j'ai lu avec plaisir le reportage de Laura Lévesque, journaliste, reportage visant à informer la population sur le récent regroupement de trois Groupes de médecine familiale (GMF) de l'arrondissement de Chicoutimi. Naturellement, les heures supplémentaires offertes les fins de semaine et les jours fériés sont réservées aux 36 000 clients déjà inscrits.

S'il convient de s'en réjouir du fait que ce regroupement constitue une percée importante dans la reconnaissance de la place que doit occuper le patient dans un système de santé, de nombreuses interrogations surgissent en même temps dans nos esprits de patients orphelins, pris en otage et même ignorés dans certains cas.

En effet, que deviennent les espoirs suscités par la mise en place de ces regroupements à travers le Québec? Peut-on prétendre que ces GMF répondent adéquatement à leur mission première? Beaucoup d'objectifs louables sont en attente! Pensons à des heures élargies en soirée, à des visites sans rendez-vous, à des visites à domicile, à l'ouverture aux clients orphelins etc. Face à des systèmes comme le système français, où les services sont disponibles pour tous, sur appel, le jour même, et dans un délai plus que raisonnable, et même jour et nuit et de surcroît à domicile au besoin, notre système de santé fait piètre figure...

Des exclus?

De plus, en permettant à ces GMF de n'accepter que leurs clients, ne sommes-nous pas en train de donner vie à deux groupes de patients distincts au Québec, soit les privilégiés et les laissés-pour-compte tout en refilant la facture à toute la population? Serions-nous devenus les dindons d'une farce monumentale?

Plus encore, de ne pouvoir consulter un médecin en cas de maladie parce que le système nous en exclut peut devenir dramatique en certains cas. Qui répondra à quelqu'un atteint d'un cancer ou d'une autre maladie nécessitant des soins assidus en cas d'absence, de maladie ou de démission de son médecin? Qui aura la générosité de s'occuper d'un nouvel arrivant, d'un itinérant, d'un chercheur d'emploi qui a besoin d'un examen urgent, etc. etc. Vous en connaissez tous des gens «floués» par ce système.

Pour terminer, tout en appréciant le petit pas effectué au niveau des services offerts à leurs clients par ces trois GMF, je ne puis que déplorer la lenteur à mettre sur pied ce fameux système de même que le peu de respect envers les malades sans qui aucun système de santé ne serait requis. Rappelons-nous aussi que la maladie n'attend généralement pas les consensus des bien-pensants.

Jeannine Bouchard / Jonquière

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