Mon fils était une «bombe»

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Le Quotidien

Je suis la mère de Maxim. Mon fils était atteint de schizophrénie et en plus de sa médication, il consommait des drogues. Il a été retrouvé mort, le 1er septembre 2009, seul dans son appartement à Alma.

À maintes reprises, j'avais exprimé mes inquiétudes aux professionnels de la santé qui suivaient mon fils. Toujours présente dans la vie de celui-ci, je le connaissais mieux que n'importe qui. Je connaissais ses réactions, ses phases de clarté et ses phases de brume. Je me suis impliquée dans ses suivis et j'ai même tenté de devenir sa curatrice.

Malheureusement, rien n'est simple dans le domaine de la santé mentale. Il y a la vision des professionnels, les droits de la personne malade, la confidentialité.

Mon fils était une bombe à retardement. J'entendais le tic-tac, mais les professionnels, eux, me disaient que Maxim était capable de prendre soin de lui-même. La vie m'aura malheureusement donné raison.

Paradoxalement, alors qu'on dénonce le fait que les familles ne s'impliquent pas suffisamment auprès de leurs aînés, le système tend à exclure les familles au niveau des services en santé mentale. Du vivant de Maxim, j'ai fait une plainte pour tenter d'exprimer mon point de vue afin de démontrer l'importance de m'inclure face au suivi de mon fils.

Démarches

Ces démarches sont demeurées vaines, car je n'étais pas la représentante légale de mon fils et celui-ci était considéré «apte». Lorsqu'il est mort, j'ai effectué toutes les démarches de plaintes que le système mettait à ma disposition. Dieu merci, j'ai eu l'aide du Centre d'assistance et d'accompagnement aux plaintes. Seule, je n'aurais pas été capable de faire toutes ces démarches.

Comme me l'a écrit le Protecteur du citoyen dans ses conclusions: «Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale et de toxicomanie, qui sont considérées aptes à consentir aux soins et en contrepartie, de les refuser, et qui choisissent de ne pas recevoir de services nous ramènent à la question centrale touchant l'autonomie de la personne versus la protection qu'on peut lui apporter contre sa volonté. Il n'existe malheureusement pas d'équilibre parfait entre la protection d'une personne contre son gré et le respect de ses libertés. La situation de votre fils, son décès, nous ramène à la tension entre ces valeurs de liberté et de protection.»

Les familles qui aident un de leurs proches qui est atteint de santé mentale sont des aidants naturels qu'on néglige, qu'on rejette, ce qui les conduit à l'épuisement.Pourtant, quand la désorganisation du proche survient, ce sont elles qui ont le fardeau de ramasser les pots cassés.

Donc, c'est dans ce contexte que j'ai décidé d'interpeller la première ministre du Québec, Pauline Marois. Je lui demande que des états généraux sur la santé mentale soient tenus afin de discuter de toute la problématique reliée aux services dispensés en santé mentale.

Je trouvais important d'en parler, car le 10 octobre marquait la Journée mondiale de la santé mentale. Je souhaite de tout coeur que ma demande soit entendue par notre gouvernement. N'attendons pas qu'il soit trop tard avant d'agir. Combien de drames le Québec devra-t-il vivre encore?

Martyne Talbot

Alma

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