Le cynisme des élections

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«Pour la campagne électorale qui s'amorce, j'ai décidé ni d'écouter, ni de lire les nouvelles, non plus que de me taper l'inconsistance et le vide des débats des chefs.»

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Le Quotidien

L'élection 2012 se tiendra avec en toile de fond la crise économique qui nous enfonce inexorablement dans le trou noir d'une économie taillée sur mesure pour enrichir davantage les riches au détriment des classes moyenne et miséreuse.

Selon les calculs de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques du Québec, la gratuité à l'université coûterait 750 M$. Ce montant équivaut à 1 % du budget provincial qui est de 70 G$. Des peanuts » surtout lorsque l'on pense au retour sur investissement que procurent des milliers de diplômés universitaires qui, par leurs impôts, vont garnir les coffres.

Pour la campagne électorale qui s'amorce, j'ai décidé ni d'écouter, ni de lire les nouvelles, non plus que de me taper l'inconsistance et le vide des débats des chefs. Le voile également sur les sondages qui nous transforment en moutons de Panurge. Encore moins de participer aux exutoires et dérapages déjà en cours sur Facebook et Twitter.

Je m'en tiendrai strictement aux éditoriaux, commentaires, chroniques, idées et opinions qui paraîtront dans des journaux que j'aurai choisis. Cela m'apparaît le bon moyen pour choisir de façon éclairée le prochain gouvernement à Québec.

Seulement, je sais déjà pour qui je ne voterai pas : les libéraux de Jean Charest. Non parce qu'il est à la tête d'un groupe de politiciens « reageno-thatchériens », apôtres de l'idéologie néolibérale dont l'instrument principal est la tarification des services publics. Non plus pour leur préjugé favorable concernant l'exploitation des gaz de schistes, le mont Orford, l'amiante chrysotile, la poursuite du nucléaire avec Gentilly 2, la centrale au charbon de Beauharnois et le laisser-aller pour la transformation de l'île d'Anticosti en Arabie Saoudite de la province.

Même pas à cause du favoritisme envers les amis du parti qui a caractérisé ce gouvernement depuis une douzaine d'années ou des allégations de collusion et de corruption envers le gouvernement que la commission Charbonneau tentera de mettre à jour au cours des prochains mois.

Non ! Ma motivation est, disons, plus triviale. Par leur décision de tenir une élection en été, les libéraux sont venus jeter de l'ombre sur mon été, qui est un moment privilégié d'évasion d'un quotidien pressurisant. À cause d'eux, je vais devoir me concentrer, travailler du chapeau. Toutes les élections devraient au moins servir à meubler les mois les plus ennuyeux de l'année : novembre ou mars.

Cela élève d'un cran mon cynisme envers la politique québécoise. Obama aux États- Unis, aurait voulu prendre de court Mitt Romney, son adversaire à l'élection présidentielle, à la faveur de ses gaffes récentes ou de la victoire des démocrates au sujet de l'assurance maladie universelle, qu'il n'aurait pu le faire parce qu'aux « USA », les élections présidentielles se tiennent à date fixe.

En conséquence, je voterai pour le candidat qui promettra une loi pour des élections à date fixe, la restriction à deux mandats maximum pour un chef de gouvernement, l'introduction dans notre système politique d'un élément de proportionnelle. Comment ne pas carburer au cynisme devant cet objet promis par les vieux partis à moult reprises, mais jamais concrétisé ? L'élu de mon cerveau devra promettre la gratuité scolaire à tous les niveaux tel que recommandé par la commission Parent. Cette promesse exclut d'emblée les libéraux. Ce n'est pas négociable ! À prendre ou à laisser !

Marcel Lapointe, Jonquière

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