Une situation inquiétante

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«La réponse des dirigeants à la question adressée par un retraité demandant à quelle hauteur devrait être le déficit pour bouger n'a rien de convaincant. Entendre de la bouche de ces dirigeants, qu'année après année la solvabilité de notre fonds fond comme neige au soleil, mais que cela n'est pas trop grave, car nous sommes comme l'ensemble des régimes, soit pas très rentable, m'a laissé perplexe.»

Le Quotidien, Normand Boivin

Le Quotidien

Cette première présence à la rencontre annuelle sur l'état du fonds de pension des travailleurs « d'Alcan « m'a laissé avec un profond malaise et une inquiétude quant à la viabilité de ce dernier. Malaise et inquiétude quant à la hauteur du déficit : il frise le milliard, tant que par les énoncés et les réponses vides de fondement (livrés à la réunion) et surtout quant à la volonté affichée de corriger le tir.

La réponse des dirigeants à la question adressée par un retraité demandant à quelle hauteur devrait être le déficit pour bouger n'a rien de convaincant. Entendre de la bouche de ces dirigeants, qu'année après année la solvabilité de notre fonds fond comme neige au soleil, mais que cela n'est pas trop grave, car nous sommes comme l'ensemble des régimes, soit pas très rentable, m'a laissé perplexe. À cet égard je songerais sérieusement à changer mes conseillers et actuaires, pour de meilleurs, car c'est sur ces spécialistes que reposent les bons investissements rentabilisant ce fonds.

Tout au long de cette rencontre, à l'écoute des différentes interventions de la salle et de plus en plus sidéré par l'inertie et le vide des réponses fournies, mes pensées se sont portées sur un certain constat. Ce constat va comme suit. Engagé en 1971, époque qui regroupait un grand volume de travailleurs contribuant à alimenter notre fonds de pension, nous avons traversé, tout au long de ces années, de grands changements technologiques qui ont fait diminuer le volume de travailleurs participants au dit fonds contribuant ainsi à ce début d'affaiblissement de sa solvabilité.

En passant, il est étrange de constater que l'arrivée de Rio Tinto coïncide avec le début de la baisse de solvabilité... La forte présence des lockoutés de l'Usine Alma m'a permis de comprendre que moins il n'y aura de contributeurs à notre fonds de retraite plus celui-ci glissera vers la précarité.

Face aux changements technologiques, nous étions sans recours, mais face au nombre d'employés contributeurs, je ne peux que constater et souhaiter que la totalité des travailleurs de ces usines en soit «d'Alcan. À cet égard, je salue la démarche des travailleurs d'Alma et leur lève mon chapeau.

Tout comme eux, je crois en la capacité et au devoir de Rio Tinto, surtout dans ce contexte de coûts de production avantagés par le régime d'hydroélectricité, de maintenir ces emplois de qualité que j'appellerai une juste répartition de la richesse profitant à l'ensemble de la société québécoise.

Mario Kearney, Retraité 2008

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