Un vrai chef d'État?

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"Lorsqu'on examine le parcours de Jean Charest, de son nom de baptême "John James Charest", on mesure mieux l'opportunisme et les travers de ce politicien conservateur."

Photothèque Le Soleil

Le Quotidien

Lorsqu'on examine le parcours de Jean Charest, de son nom de baptême «John James Charest», on mesure mieux l'opportunisme et les travers de ce politicien conservateur. De député et ministre à Ottawa à premier ministre du Québec, Jean Charest s'est davantage illustré par la tactique partisane que par la vision politique.

Toutes les fois où il a été confronté à la grande politique (dossier du Lac Meech, chefferie du Parti conservateur, référendum de 1995, réingénierie de l'État, crise des accommodements raisonnables, gaz de schiste, crises sociales...), il a versé dans la petite politique, a opté pour les jeux de pouvoir occultes, a cédé aux réseaux d'influence particuliers, a érodé l'influence de l'État, a privilégié le grand capital. Derrière un talent d'orateur, une personnalité affable et un bon sens de l'humour se cache selon moi un homme ambitieux, rusé, calculateur et revanchard. Il ne tolère pas de personnalités fortes dans son entourage (départs d'Yves Séguin, Marc Bellemarre, Philippe Couillard, Benoît Pelletier et Monique-Jérôme Forget). Il n'a pas hésité à sacrifier ses meilleurs ministres féminins sur des dossiers périlleux. En somme, Jean Charest n'a jamais pu s'élever à la fonction de premier ministre et a raté tous les grands rendez-vous de son rôle de chef d'État. Le carton rouge étudiant nous laisse croire qu'il n'en a ni la capacité ni le caractère. À moins qu'il ne se rappelle tout à coup qu'il est responsable de la Jeunesse.

Laval Gagnon, Chicoutimi

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