C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu la lettre ouverte publiée par Jean-Paul Simard dans l'édition du 29 mars dernier du Quotidien concernant le bras de fer que livrent les étudiants au gouvernement. Je partage entièrement son point de vue. J'appuie sans réserve la ministre de l'Éducation dans cette décision de hausser les droits de scolarité.
L'État n'a pas l'obligation de négocier avec les étudiants, il doit prendre ses décisions. Étudiants, ne venez pas me parler de démocratie, vous n'avez même pas respecté les institutions qui ont voté majoritairement contre votre grève! Où étiez-vous quand c'était le temps de manifester pour de vraies causes comme exiger une commission d'enquête sur la corruption et la collusion dans le monde de la construction?
La hausse demandée équivaut à une petite bière par semaine dans un bar. J'ai été étudiant avec une famille à ma charge et à ce moment-là, je vivais comme un étudiant, pas comme un travailleur qui avait un salaire régulier. La responsabilité d'un étudiant c'est d'aller à ses cours, de faire ses travaux et réussir par l'effort. J'appelle cela investir dans son potentiel pour en profiter plus tard pour soi-même et pour toute la société.
J'en appelle aussi aux parents. Mettre un enfant au monde, c'est le conduire jusqu'à son autonomie, quitte à se priver de certaines choses non essentielles pendant quelques années. Pour ceux qui n'ont pas les moyens, il y a l'aide financière aux études qui sera majorée. Mme Beauchamp, ne cédez pas. Étudiants, retournez à vos devoirs et dépêchez-vous de terminer vos études pour être des citoyens actifs et utiles.
Louis Vallée, Chicoutimi
Si vous fréquentez le site internet de l'Université du Québec à Chicoutimi, vous avez certainement déjà vu mon visage. Je figure parmi les photos de ces étudiants qui ont tellement l'air fier d'étudier dans notre université régionale. Lorsque j'ai accepté d'être ambassadrice, j'avais une opinion plutôt positive de mon université. Aujourd'hui, je suis dégoûtée d'avoir fait mon baccalauréat dans une institution ne témoignant aucun respect à ses étudiants. Faisant partie d'une association de module ayant décidé démocratiquement de faire la grève depuis plusieurs semaines, j'ai vu le recteur enlever notre droit d'opposition comme si nous étions des enfants que l'on devait réprimander.
L'injonction envoyée le 5 avril nous signale que nous n'avons aucun droit de nous faire entendre dans notre institution. Malgré le support de professeurs, chargés de cours et personnel de l'UQAC, nous sommes traités en terroristes dans cet établissement clamant que nous sommes «Libre de voir plus loin».
Je ne peux demander de faire retirer mes photos et mes articles de blogue puisque j'ai signé un contrat mais j'espère que vous aller comprendre que malgré mon visage souriant sur les affichages de l'université, je n'éprouve plus aucune fierté à faire partie de l'UQAC.
Annie Lapointe, Étudiante en histoire
Les propos de M. Daniel Zizian, président-directeur général de la Conférence des recteurs, parus dans Le Quotidien du 24 mars dernier, sont démagogiques et simplistes. Il utilise des données dénaturant la vérité et fait preuve d'une complaisance excessive envers les intérêts des universités. Il ne dit pas que les universités sont des bastions de bonus; qu'on y achète la paix en donnant des privilèges aux employés à temps plein; qu'un employé qui prend sa retraite reçoit une année de salaire en bonus, peu importe si le salaire est dans les six chiffres; qu'un employé qui a des enfants à l'université ne paie pas ou peu de frais de scolarité etc.
Bien qu'ayant bénéficié de prêts et bourses pour poursuivre mes études jusqu'au niveau de la maîtrise. J'ai toujours dû composer entre un emploi et mes études pour atteindre de justesse un niveau de vie décent. J'ai étudié au Cégep de Jonquière entre 1970 et 1973, à l'Université Laval de 1976 à 1979, à l'Université de Montréal de 1982 à 1985. Peut-être que la société pouvait se permettre à cette époque qu'un étudiant prenne cinq ou six ans de plus pour atteindre un emploi professionnel, mais je ne crois pas que c'est le cas aujourd'hui.
Le vieillissement de la population et la diminution du nombre de travailleurs, prévue à brève échéance, appellent à la réflexion et non à la confrontation. Je crois que le Québec doit accueillir la gratuité scolaire pour tous, incluant l'université, afin de faire émerger dans un temps record tout le potentiel de talents qui se trouve dans notre population. Pour les compagnies le temps c'est de l'argent, mais pour l'avancement d'une société le temps perdu ne se rattrape plus.
Reine Tremblay, La Baie
Dans l'imbroglio des confrontations actuelles dans nos cégeps, universités, rues et maintenant nos tribunaux, un questionnement m'apparaît. Quoique personne n'y aucun groupe se manifestera en faveur de l'intimidation dans le milieu scolaire ou ailleurs, est-ce que nous sommes tous néanmoins témoins de tels actes? La fragilité de notre société est manifeste lorsque nous réalisons à quelle point nous sommes prêt à délaisser des valeurs personnelles et/ou collectives afin d'atteindre certains fins.
Douglas Schroeder-Tabah, Saguenay