Des réalités historiques

Le Quotidien

Un étudiant de l'UQAC nous a fait part dans cette tribune de son opinion (concernant la guerre de 1812) et un possible « révisionnisme historique «. Ce qui, selon ses dires, était pratique courante avant Lionel Groulx. Permettez-moi d'en douter.

Les historiens d'hier et d'aujourd'hui ont tous tendance à déformer la réalité un brin. Ce n'est pas par incompétence ou par ignorance, du moins espérons-le, c'est tout simplement que ceux-ci voient l'histoire comme tout le monde, avec des yeux de contemporains. Avoir 18 ou 20 enfants dans les années 1920, c'est une belle famille. Aujourd'hui, c'est de la folie. Prendre Groulx comme point de départ d'une ère historique vraie n'est pas sans m'inquiéter un peu; il n'est pas, et n'a jamais été, un historien autour duquel tous se reconnaissent, loin de là!

Le révisionnisme, dans la vraie vie, c'est occulter les « vraies « affaires. Comme passer sous silence le fait que la France a cédé ses colonies de Nouvelle-France pour payer ses guerres sur le vieux continent ? Sans les Anglais, nous serions, ne vous en déplaise, Américains.

Le révisionnisme, c'est aussi faire croire que les Anglais n'étaient que des bêtes sanguinaires qui en voulaient à l'héroïque race canadienne-française, alors que l'Angleterre n'était ni mieux ni pire que les autres puissances coloniales de l'époque. Souvent moins dictatoriale que les autres. Le révisionnisme, c'est faire croire que les Canadiens-français n'étaient que des « porteurs d'eau « à cause des Anglais, alors que pratiquement toutes les ressources éducationnelles étaient entre les mains du clergé francophone. Ça nous a donné des générations de bonnes soeurs et de missionnaires au lieu de nous enrichir d'ingénieurs et de techniciens.

François Landry, La Baie

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