En associant les organisations étudiantes à des associations de consommateurs, votre chronique publiée dans Le Quotidien du 21 février présente une vision réductrice de l'importance des organisations étudiantes dans leur milieu.
Ce rapprochement ramène les relations entre l'école et la société à un simple rapport marchand, à un rapport de consommation, alors que l'école est d'abord une institution sociale. En plaçant le débat sur le terrain de la vision de «l'élève-client-consommateur», on évacue toute l'importance des rapports sociaux et de la participation des jeunes au débat social.
Si les étudiants ne sont pas des travailleurs, ils ne sont pas non plus des clients. Ces jeunes sont des citoyens à part entière qui ont le mérite d'avoir provoqué le débat autour des choix de société que nous avons à faire sur les questions d'accessibilité aux études supérieures et de financement des institutions d'enseignement!
La chronique remet aussi en question les pouvoirs des associations étudiantes. Au Cégep de Jonquière, une assemblée étudiante de plus de 1000 personnes a décidé d'un processus très démocratique. Ils ont décidé d'organiser un débat sur plusieurs jours où les deux options ont pu présenter leurs arguments, puis ils tiendront un référendum pendant trois jours au cours duquel les bureaux de scrutin seront accessibles dans chacun des trois pavillons.
Dans ce contexte, je ne vois pas comment les résultats de ce vote ne pourraient pas représenter la position légitime de la volonté générale? En démocratie, notre devoir exige que l'on participe aux débats des organisations qui nous représentent et ensuite qu'on se rallie à la position majoritaire.
Sur la question de la reprise des cours, il faut rappeler que cette responsabilité incombe en partie à la Commission des études du collège qui voit au remaniement du calendrier scolaire pour que chacun des cours soit repris sans complaisance!
Les enseignants que je représente sont des professionnels soucieux de la qualité de l'enseignement et respectueux du travail pour lequel ils sont rémunérés. Il est temps de faire le débat sur l'accessibilité aux études supérieures et sur le financement des universités!
Jean Murdock, Président du syndicat du personnel enseignant, Cégep de Jonquière