Devant la haute direction de Produits forestiers Résolu (PFR), le maire de Péribonka, Gilbert Goulet, a fait figure de dindon de la farce. Il a dit lui-même dans Le Quotidien de jeudi dernier craindre, maintenant, de devenir le mouton noir, face aux autres élus du Lac-Saint-Jean, parce qu'il s'est mis à dire les vraies affaires. Ce qui peut arriver lorsque l'animal se tient à mauvaise distance de son adversaire! L'uppercut ou le crochet qui vous explose à la figure sans avertissement...
Vu de l'extérieur, même si je n'y connais que dalle, je me disais que Richard Garneau se montrait les yeux plus grands que la panse avec ses exigences en matière de ressources ligneuses. Il voulait que sa compagnie garde le plein contrôle sur la ressource, mais la nouvelle loi sur le régime forestier impose à PFR d'être, désormais, sur le même pied que ses concurrents. Bien fait! Bien que la tactique de la compagnie était cousue de fil blanc, les élus du Lac se sont fait rouler dans la farine. C'est cela qui survient quand l'arbre nous cache la forêt!
Résolu a joué assez longtemps au chat et à la souris avec le ministre, refusant d'étaler ses cartes lorsque nécessaire. Garneau serait donc allé jusqu'à mentir pour faire valoir le point de vue de la haute direction et des actionnaires. Résolu a voulu avoir le ministre et les autres élus à l'usure, mais cela s'est retourné contre elle. Bien fait! Cette compagnie nous a pris pour des cons. Maintenant, elle est bien mal placée pour exiger quoi que ce soit du SaguenayLac-Saint-Jean; plus personne ne lui fera confiance désormais. Même ses plus fidèles collaborateurs d'ici.
Je pense même que la table est mise ici pour transformer ce que Résolu a abandonné, usines, main d'oeuvre, en quelque chose qui pourrait ressembler à de la coopération dans laquelle plusieurs partenaires pourraient s'impliquer. Caisse de dépôt, Investissement Québec, fonds syndicaux, travailleurs copropriétaires, population participante, etc. Une centrale hydraulique, deux usines, des travailleuses et travailleurs (sans actionnaires) et surtout la volonté politique de créer quelque chose qui pourrait ressembler à une entreprise d'économie sociale.
Nous avons tout ce qu'il faut ici pour ce faire. Beaucoup trouvent que ce que le maire de Québec, Régis Labeaume, touche se transforme en or. Selon une nouvelle parue récemment dans Le Devoir, ce dernier s'est montré ouvert à l'idée d'une coopérative suite à la fermeture de la papetière White Birch à Québec. Pourquoi alors ne pas saisir l'occasion d'emboîter le pas avec Québec pour développer une coopérative suite à une fusion de nos usines respectives fermées?
Gérard Audet, Saguenay